Qui taguera la réalité ? IA, Hollywood, et la foi du streaming

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Qui taguera la réalité ? IA, Hollywood, et la foi du streaming

Bienvenue dans notre éphéméride cybernétique où l’intelligence artificielle semble se répandre plus vite qu’une rumeur sur Hollywood Boulevard. Aujourd’hui, l’hypermodernité se donne en spectacle sur tous les fronts : de la musique taguée (ou pas) “IA” sur Apple Music, aux méga-deals entre géants du cinéma façon Netflix & Warner Bros, remixés par les conseils avisés (ou calculs stratégiques) d’un certain ex-président Trump, sans oublier la science-fiction qui hurle “halte au cyborg !” avant même que l’algorithme ait le temps de finir sa phrase. Même nos douleurs lombaires sont désormais auscultées par un chatbot affublé d’une blouse blanche virtuelle, comme nous le promet ChatGPT Health… De la pop culture à la pop médecine, ce qui est en jeu, c’est toujours la même chose : qui contrôle la création, la diffusion, et la confiance ?

Sur le ring de la musique, Apple Music dévoile ses nouveaux “AI tags” dans une belle opération de transparence sur l’utilisation de l’intelligence artificielle lors de la création musicale et visuelle. Mais derrière la promesse se cache un énième miroir aux alouettes : à l’heure où Spotify emprunte la même route auto-déclarative, qui peut croire sérieusement qu’un label pressé d’écouler ses tubes va s’auto-incriminer à coups de balises signalant la collaboration d’un algorithme ? Pendant ce temps, Deezer affine des systèmes de détection automatisée qui promettent de “découvrir la vérité” cachée dans les ondes… pour invariablement se heurter au syndrome du faux-sentiment-de-maîtrise numérique. La traçabilité de la créativité humaine devient alors un jeu d’apparences où le vrai perd la face au profit du “pragmatique”.

Parallèlement, Hollywood ne joue plus à la roulette russe mais à la roulette algorithmique. La saga du rachat de Warner Bros. par Netflix n’est qu’une illustration de plus de la chute des frontières entre la plateforme, l’étalon de la culture mondiale et les studios-mères de l’imaginaire collectif. Alors que le streaming érige ses propres lois économiques et artistiques, c’est l’avenir même de notre rapport à la fiction et à la mémoire qui se trouve redéfini par pure logique de marchés et d’algorithmes – bref, on a troqué les scénarios originaux contre la série du surenchérissement perpétuel. Ne soyons pas dupes : si Netflix finalise le rachat, ce n’est pas le triomphe du storytelling, c’est la victoire du story-buying.

La machine promet la transparence ou l’accès universel, mais elle redéfinit surtout nos seuils collectifs de crédulité et d’originalité.

La culture, en réaction, retrouve ses vieux réflexes d’autodéfense, comme en témoignent les révoltes anti-IA chez les gardiens de la SF, du Comic-Con et de l’industrie musicale. Personne ne veut vraiment être le premier à remettre un prix Nebula à un prompt bien ficelé. Mais tandis qu’on ferme les portes des concours littéraires et des salons d’art, la santé numérique s’ouvre en grand aux IA thérapeutes : avec ChatGPT Health, l’intimité médicale devient un territoire d’expérimentation et d’inquiétude algorithmique. Sommes-nous prêts à laisser un GPT sonder nos angoisses, arbitrer nos maux, et, entre deux hallucinations informatiques, prononcer l’ordonnance du siècle ? L’illusion de la sécurité “silo santé” n’est-elle pas simplement une autre facette du “confiance by design”, ce rite nouvelle génération de la foi technologique ?

Le fil rouge n’est pas tant l’émergence de l’IA que notre façon de lui courir après en chaussettes, tantôt affolés, tantôt fascinés. L’art, la santé, la culture, le business – tout passe au prisme d’un soupçon généralisé. On réclame la transparence comme antidote, mais qui contrôle le filtre ? Entre l’auto-certification, la surenchère capitalistique, et la paranoïa créative, la société connectée ressemble de plus en plus à une cérémonie d’Oscars où l’on tend la statuette à la fois au réalisateur, au logiciel et à l’impresario. Finirons-nous par remettre un Grammy à un bug, ou réserverons-nous les Nebula à la postérité humaine ? À suivre… selon les prochains mis à jour du firmware de notre confiance collective.

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