« L’identité, c’est comme un oignon : on peut la partager par couches — mais gare aux larmes si on en révèle trop ! » C’est ce que semblent avoir compris les ingénieurs aux commandes d’Aadhaar, la plus grande base de données d’identité numérique du monde, alors que l’Inde propulse ce mastodonte encore plus loin dans le quotidien des citoyens grâce à une nouvelle appli et une vérification hors ligne. Et comme souvent en tech, derrière la promesse du « cool » se cache un petit goût de surveillance de masse, bien piquant…
Lancée voici peu par la autorité publique indienne UIDAI, cette application toute neuve propose une fonctionnalité qui ferait frémir tout collectionneur de tampons administratifs : la preuve d’identité sans vérification en temps réel auprès de la base centrale. Fini les copies de carte d’identité qui s’empilent dans les hôtels ou les ressuscitations de votre vieil extrait de naissance : à la place, on dégaine l’appli qui ne divulgue, par exemple, qu’une tranche d’âge et pas la date exacte. Ou l’art subtil de rester flou tout en étant précis !
Mais attendez, il y a du wallet dans le game ! Le service, déjà compatible Samsung Wallet, prépare ses valises pour atterrir sur Google Wallet, et les pourparlers sont ouverts avec Apple — l’identité numérique indienne pourrait bientôt être aussi facile à dégainer qu’un paiement sans contact… y compris pour scanner un QR code et réseauter façon « carte de visite » 3.0. Côté police, les vérifications hors ligne font leurs premières armes à Ahmedabad, où les hôtels dénoncent leurs invités à coup de PATHIK, tout ça avec la bénédiction de UIDAI.
Entre contrôle et consentement, l’avenir de l’identité numérique ressemble de moins en moins à de la science-fiction… et de plus en plus à votre vie quotidienne!
Le gouvernement vante le consentement et la souveraineté individuelle, promettant que chaque utilisateur choisira l’info à partager. Un vrai bond en avant : fini les pyramides de photocopies glissées sous le guichet du concierge ! Et côté adoption, l’appli cartonne : elle éclipse déjà l’ancienne version, avec presque 9 millions d’installations par mois fin 2025. Fort, vu que le système Aadhaar équipe 1,4 milliard d’Indiens et avale 2,5 milliards de transactions mensuelles.
Mais tout n’est pas rose dans la République des Données. Les défenseurs des droits numériques s’inquiètent : cette expansion va encore plus vite que la protection des données personnelles, la surveillance juridique ou le débogage de bugs exposant parfois les informations fiscales de millions d’Indiens. Les juristes rappellent volontiers que plusieurs reproches restent sans réponse : erreurs dans la base, failles de sécurité, ou mécanismes de recours faméliques pour les victimes, particulièrement parmi les plus fragiles.
D’autres tacles fusent côté associatif : la vérification « offline », favorisée par certains arrêts de la Cour Suprême, risque en fait de contourner l’interdiction pour le secteur privé d’utiliser Aadhaar massivement. Sous prétexte de simplicité, l’identité numérique pourrait se faufiler partout : hôtels, livreurs, sociétés… Si bien que le réseau Aadhaar s’invite dans tous les pans de la société, avec le consentement individuel souvent plus théorique que réel, surtout là où la loi sur la protection des données reste encore un brouillon.
En résumé : l’identité numérique à l’indienne n’a pas fini de nous faire tourner la tête, ni de faire débat. À ce rythme, la question n’est plus « qui êtes-vous » mais « où ne l’êtes-vous pas ? » Un vrai feuilleton dont chaque Indien est à la fois spectateur… et acteur numérique.
Alors, avant de tout miser sur l’Aadhaar, rappelons-nous qu’avec l’identification numérique, on n’est jamais à l’abri d’une crise d’identité – ou d’un bug d’ego !
Source : Techcrunch




