« En technologie, comme dans la cuisine, ce n’est pas tant la recette qui compte, mais les ingrédients secrets qu’on garde sous la table. » Oui, chers lecteurs, attachez vos ceintures de cybersécurité : aujourd’hui, on plonge dans l’accord express — et un brin pimenté — entre OpenAI et le Département de la Défense américain (le fameux DoD). Car dans la Silicon Valley, même les contrats militaires ressemblent à de la « fast food » : c’est prêt en 5 minutes, mais il ne faut pas trop demander sur la provenance des saucisses.
Tout commence quand Anthropic, le cousin éloigné d’OpenAI, claque la porte des négociations avec le Pentagone, pensant sans doute que ses principes passent avant les contrats dorés. Résultat : un ex-président survolté bannit Anthropic des agences fédérales, et la rumeur court que le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a signé son accord avec les militaires en mode « vite fait, mal fait ». Altman lui-même avoue : le deal, « définitivement précipité », n’est peut-être pas du meilleur goût (on a déjà vu des pop-corns mijoter plus longtemps…).
Mais alors, pourquoi OpenAI réussit-il là où Anthropic cale ? Les deux jurent leurs grands dieux qu’ils refuseront toujours l’usage de leur intelligence (artificielle) dans les armes autonomes ou la surveillance massive. Pourtant, OpenAI décroche le contrat, s’empresse de le justifier dans un long article de blog et sort la grosse artillerie des « safeguards » pour rassurer la galerie — mais cela ne dissipe pas toutes les zones d’ombre.
Dans la tech, il suffit parfois d’un peu de flou pour transformer une ligne rouge en pointillé.
La promesse d’OpenAI ? Pas de robots tueurs, pas de crédit social, surtout pas de « Big Brother 2.0 ». Mais un petit malin nommé Mike Masnick, habitué à éplucher les petites lignes des contrats, pointe du doigt un détail gênant : la porte n’est pas complètement fermée à la surveillance domestique grâce à l’ordre exécutif 12333 (officiellement, c’est pour espionner en dehors des États-Unis, mais, selon Masnick, c’est aussi la technique préférée de la NSA pour faire du home cinéma non autorisé avec nos données américaines… même si elles voyagent à l’étranger).
Du côté d’OpenAI, la responsable des relations avec la Défense, Katrina Mulligan, hausse les épaules sur LinkedIn : arrêtons de croire qu’une simple clause suffit à protéger les citoyens. Ce qui compte, dit-elle, c’est l’architecture du déploiement : une API dans le cloud, des employés bien contrôlés, des contrats béton — et quasi aucune chance d’un chatbot qui deviendraient la voix du missile hypersonique de demain.
Pendant ce temps, sur X (ex-Twitter), Sam Altman continue sa tournée de justification. Oui, d’accord, tout ça est précipité et mal vu, concède-t-il, mais l’intention, juré-craché, était de calmer le jeu entre la tech et le Pentagone. Bon, à voir si l’histoire retiendra OpenAI en héros dévoué à la paix… ou juste en start-up trop pressée, mais un peu dépassée par sa googlingueuse célébrité.
Avouons-le : derrière les grandes déclarations, il y a toujours ce petit flou artistique qui rend la techno aussi difficile à décoder qu’un captcha mal éclairé. Après tout, dans l’intelligence artificielle comme dans la géopolitique, il y a souvent plus de « failles » que de « firewalls ».
Source : Techcrunch




