« Qui a dit que dans la tech, les vidéos — et les effectifs — ne pouvaient pas disparaître en un clin d’œil ? » Vimeo, ce géant (ou plutôt ce “géant qui aurait aimé l’être”) de l’hébergement vidéo, joue décidément à cache-cache avec la stabilité. Difficile de ne pas voir le dernier mouvement en date : des licenciements massifs, quelques mois à peine après son rachat pour un montant aussi impressionnant que le spread sur un sandwich : 1,38 milliard de dollars, en cash s’il vous plaît, par l’ogre italien Bending Spoons. Ciao bella… mais pas pour tout le monde.
Alors que les spéculateurs rêvaient d’une nouvelle ère pour Vimeo, c’est un véritable scénario catastrophe qui s’est joué en coulisses. Impossible d’obtenir le moindre chiffre précis de la part de Bending Spoons — visiblement, le secret, c’est leur dada — mais les échos LinkedIn racontent une autre version : « une grande partie de l’entreprise » a été touchée, dixit l’ex VP Global Brand & Creative sur le réseau préféré des cadres en chemise. Pas besoin d’être devin pour deviner que la réunion Zoom d’adieu a été plus longue que la liste des hashtags sous une vidéo virale.
Pour ajouter une touche de piment, TechCrunch (toujours à l’affût) a tenté de faire parler les principaux concernés… sans succès. Rien ne filtre, si ce n’est le sentiment d’un grand flou artistique. Mais dans un secteur où la transparence est parfois aussi translucide qu’un filtre Instagram mal réglé, rien de nouveau sous le soleil des “restructurations stratégiques”.
Vimeo voulait jouer dans la cour des grands, mais finit par faire une vidéo… coupée.
Pourtant, Vimeo ne partait pas sans idées lumineuses. Fondé en 2004, le service aurait pu être la crème de la crème, mais YouTube l’a vite relégué au statut d’outsider mignon. Son dernier pari ? L’intelligence artificielle ! Script générés, outils d’édition automagiques, workflows boostés : Vimeo s’est recentré sur la création de contenus dopés à l’IA, histoire de se différencier. Une tentative courageuse, mais visiblement pas suffisante pour donner un happy end à cette saison.
Côté Bending Spoons, l’appétit ne faiblit pas ! Ce conglomérat italien s’est déjà offert Meetup, Evernote et WeTransfer. Oui, vous avez bien lu : les Italiens ne font pas que des pâtes en série, ils collectionnent aussi les applications comme des figurines Panini. Un serial-acquéreur, qui semble vouloir bâtir un empire en mode “nébuleuse des services tech”. Reste à voir qui sera le prochain à faire les frais de leur voracité…
Au final, situation amère pour les salariés, mais aussi incertitude pour la future stratégie de Vimeo. Entre promesses de l’IA et rationalisation à l’italienne, l’entreprise joue sa dernière carte : reconquérir les créateurs, sans pour autant oublier qu’en tech, tout va plus vite… qu’une story Snapchat.
Si vous trouvez ça dur, dites-vous qu’il vaut mieux voir la vidéo du verre à moitié plein : à défaut d’être hébergés, certains talents pourraient bien rebondir sur d’autres plateformes… et pourquoi pas devenir viraux en racontant leur propre histoire !
Source : Techcrunch




