Young green leaves emerge in sunlit forest.

Credits image : Jevgeņijs Grigorjevs / Unsplash

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Musk : la révolution énergétique trahie ?

Elon Musk est-il en train de tourner le dos à la révolution énergétique qu’il avait lui-même promise ? Depuis la publication du dossier d’introduction en bourse (IPO) de SpaceX cette semaine, une série de signaux contradictoires soulève des doutes. Faut-il comprendre que Tesla, pionnière du solaire et de la mobilité électrique, ne croit plus à « l’économie électrifiée » ?

Rappelons que Musk, depuis 2006, a publié pas moins de quatre « Master Plans » pour Tesla, toujours avec comme ligne directrice un monde sevré des hydrocarbures grâce à l’électricité et au soleil. Mais aujourd’hui, l’empire Musk est en train de miser — littéralement — sur l’inverse : des turbines à gaz naturel non réglementées alimentent désormais les centres de données d’xAI, sa société d’intelligence artificielle. Plus surprenant encore, plus de 2,8 milliards de dollars sont destinés à l’achat de turbines supplémentaires. Le visionnaire du tout-électrique serait-il devenu, par opportunisme ou nécessité, un nouveau roi du gaz ?

Les interactions entre les sociétés de Musk ajoutent à la perplexité. SpaceX achète des Cybertrucks à Tesla, xAI investit massivement dans les batteries Megapack de Tesla pour équilibrer la production électrique, mais la filiale d’IA n’a, à ce jour, pratiquement pas commandé de panneaux solaires de sa société sœur. S’agit-il d’une stratégie délibérée ou d’une concession face aux réalités du marché ? Et pourquoi le solaire terrestre semble-t-il si absent au profit d’un concept plus futuriste : le solaire spatial ?

Alors que Musk a bâti sa légende sur l’abandon des énergies fossiles, ses choix actuels questionnent sa fidélité à ses propres engagements.

Le dossier de SpaceX ne cache pas l’intérêt pour l’énergie solaire — mais uniquement délocalisée dans l’espace. Selon l’entreprise, des panneaux en orbite génèreraient cinq fois plus d’électricité que sur Terre, profitant d’un ensoleillement constant. Or, la conquête du « data center orbital » pose des défis herculéens : coûts exponentiels, besoins colossaux en énergie pour lancer les serveurs, difficultés de maintenance et de dissipation thermique dans le vide spatial… L’IA peut-elle vraiment décoller vers les étoiles, ou ce rêve n’est-il qu’un mirage technique et financier ?

Est-ce la pression des enjeux économiques ou un pari (trop) visionnaire sur la croissance exponentielle de l’IA qui pousse Musk à délaisser, même temporairement, le solaire terrestre ? Le patron de SpaceX ne cache pas sa crainte : la demande en puissance de calcul va, selon lui, dépasser ce que la planète peut offrir. Dans les documents publiés, il plane le spectre d’une envolée annuelle de la demande de calcul à l’échelle des térawatts, alors que l’ensemble des data centers mondiaux ne consomme aujourd’hui qu’environ 40 gigawatts. Faut-il y voir un calcul de génie ou une prophétie autoréalisatrice ?

Cependant, rien ne dit que le bon sens ne finirait pas par l’emporter sur l’audace. Remplacer massivement le gaz naturel par du solaire local, sans passer par la case orbitale, semble bien moins énergivore… et infiniment plus réalisable à court terme. Trois ans seulement après un « Master Plan » promettant d’éliminer les énergies fossiles, comment justifier qu’xAI parie sur le gaz pour ses propres infrastructures stratégiques ?

À l’heure où la planète s’interroge sur ses choix énergétiques, la question s’impose : Elon Musk va-t-il poursuivre ses ambitions spatiales au détriment de la transition verte terrestre, ou saura-t-il réconcilier rêves d’étoiles et urgences climatiques sur Terre ?

Source : Techcrunch

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