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Credits image : Milad Fakurian / Unsplash

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Ça casse des blocs dans la data : le Jenga du cerveau pour robots futés

« Quand ton robot commence à jouer au Jenga, c’est qu’il a enfin compris ce que c’est de marcher sur des œufs ! »

Bienvenue dans un coin de Californie où l’intelligence artificielle s’entraîne, non pas en mode Matrix, mais avec des tourtes à l’adrénaline qu’on appelle… le jeu de Jenga ! Dans un entrepôt de San Leandro, la startup Encord métamorphose la formation des robots grâce à une technique pour le moins insolite : faire jouer les humains à Jenga tout en traquant leurs ondes cérébrales. Oui, ici, on prend le terme « jeu de tête » très au sérieux : les pilotes, casque-caméra vissé sur le crâne (et pas uniquement pour cacher leur coupe de cheveux du lundi matin), s’offrent des parties tendues dont chaque mouvement et onde cérébrale deviennent de l’or numérique.

Pourquoi collecter ces data cérébrales, me direz-vous ? Parce que, spoiler alert : entraîner des robots à manipuler le monde réel, c’est comme essayer d’apprendre la salsa à une statue. Du coup, Encord parie qu’ajouter des signaux venant directement de la matière grise – stress, surprise, intention – rendra les robots aussi habiles avec un boulon qu’un plombier en fin de mois. Ils ont donc noué une alliance avec la startup allemande Zander Labs, maîtres Jedi des capteurs neuronaux, pour produire la première base de données de ce type. Pour l’instant, c’est un crash test : on tente, on mesure, on croise les doigts (manuellement, encore), avant de déployer à grande échelle… ou pas.

Et qui dirige ce brain-training sur-vitaminé ? Lukas Gehrke, neuroscientifique chez Zander, explique que chaque pic d’activité neuronale dévoile quand l’humain doit se concentrer à fond. Autrement dit, même si (presque) personne n’a envie d’être scanné jusque dans ses synapses, ces infos sont une mine d’or pour comprendre comment modéliser les efforts nécessaires à chaque étape d’une tâche. « Quand le cerveau chauffe, c’est là qu’il faut que l’algo envoie du lourd ! », pourrait-il résumer.

Collecter des données du cerveau pour former des robots, voilà l’avenir où même nos neurones bossent en intérim.

Encord et ses copains du secteur misent gros sur cette approche, car faire avaler des tonnes de vidéos YouTube à un robot, c’est sympa, mais ça finit par mal tourner. Il faudrait une base de données cinq fois plus grande que YouTube pour espérer former un gentil humanoïde digne de ce nom. C’est là qu’Encord s’illustre : plutôt que d’attendre la génération spontanée de datas, la compagnie préfère « fabriquer » la donnée, quitte à ce que ça coûte 20 fois plus cher que la simple collecte. Ce n’est pas pour rien que l’industrie de l’IA physique ressemble plus à une usine qu’à une bibliothèque universitaire…

Mais la vidéo n’est que le début : Encord ajoute à tout ça des données collectées via des capteurs musculaires sur l’avant-bras, pour reconstituer en 3D les gestes humains qui échappent même à la meilleure GoPro du marché. Leur mission ? Permettre aux robots de manipuler des objets aussi variés qu’un bouquet de fleurs en plastique, des câbles Ethernet, ou, pour les jours de fête, des chips de poker façon casino de Vegas. Et tout cela est documenté jusqu’au moindre « la main droite serre l’écrou ».

Alors, la techno Encord c’est le grand soir pour les robots tout-terrain ? Oui… et non ! Car malgré toute l’intelligence du monde, la fabrication de ces précieuses données reste laborieuse, humaine, et carrément coûteuse. On est donc encore loin des IA façon ChatGPT qui s’abreuvent sur Internet. N’empêche : un vrai marché se créé, entre jargon, sueur et micro-caméras. Et attention à la prochaine fois que vous jouerez à Jenga : vous pourriez sans le savoir être l’inspiration secrète d’un robot du futur !

En résumé, pour entraîner les cerveaux en silicone, il reste beaucoup d’huile de coude (et de vrais cerveaux EEGés sous casques futuristes). Bientôt les robots manipuleront des Lego au petit déjeuner, mais d’ici là, il y a encore de nombreux neurones à brancher… et quelques jeux de société à faire tomber, tout en gardant la tête froide : c’est bien connu, dans l’industrie de la robotique, il faut savoir garder le bloc !

Source : Techcrunch

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