Peut-on vraiment deviner l’avenir de l’intelligence artificielle ? En se penchant sur l’actualité du fonds Zero Shot, une question s’impose: qui mieux que d’anciens ingénieurs et dirigeants d’OpenAI pourrait déceler les pépites cachées de la prochaine révolution AI ?
Zero Shot, ce nouveau fonds de capital-risque lancé par une équipe soudée d’ex-OpenAI, vient de franchir un premier cap dans la course à la collecte des 100 millions de dollars voulus. Mais pourquoi ces experts, naguère derrière DALL·E et ChatGPT, se tournent-ils aujourd’hui vers le financement, après avoir été sollicités de toutes parts par investisseurs et startuppers affamés d’IA ? Les capital-risqueurs traditionnels seraient-ils dépassés dans cette ruée vers l’intelligence générative ?
La particularité de Zero Shot n’est pas anodine : ses fondateurs — Evan Morikawa, Andrew Mayne, Shawn Jain, Kelly Kovacs et Brett Rounsaville — cumulent des expériences variées, tant dans la recherche IA, le conseil, que l’investissement et le lancement de startups. Sont-ils ainsi mieux placés pour éviter les écueils qui menacent ce secteur en pleine ébullition ? Ont-ils vraiment les clés pour identifier les “bêtes noires” de l’investissement AI, là où beaucoup d’autres se trompent encore ?
Le vrai enjeu pour ces nouveaux investisseurs ne serait-il pas de distinguer la prochaine innovation de rupture au cœur d’un marché saturé d’opportunistes ?
Leur stratégie intrigue. Au lieu de suivre l’engouement général pour toutes les startups IA, Zero Shot préfère jouer la prudence éclairée : pas de “digital twins” surévalués ni de “ergo-centric video data” pour la robotique. Morikawa lui-même clame son scepticisme pour ces approches, affirmant qu’aucune percée majeure n’est à l’horizon dans le transfert de l’apprentissage à partir de données vidéos. Faut-il alors comprendre que l’intelligence artificielle n’a pas dit son dernier mot, même pour les spécialistes?
Zero Shot, fort de son carnet d’adresses exceptionnel, a déjà élu certains projets, tels que Worktrace AI (automatisation des tâches en entreprise grâce à l’IA) et Foundry Robotics, qui allie robotique industrielle et intelligence artificielle. Avec un œil exercé pour éviter ce qu’ils considèrent être des “impasses” technologiques, ces investisseurs veulent-ils encourager seulement les solutions capables de survivre à l’inévitable consolidation du marché ?
On note en coulisses la présence de conseillers réputés d’OpenAI — Diane Yoon, Steve Dowling ou Luke Miller — qui promettent d’apporter un regard supplémentaire sur l’écosystème. Mais ces alliances d’experts suffiront-elles face à la rapidité du secteur et l’éventuelle redéfinition des besoins en IA ? Les choix d’investissement de Zero Shot pourront-ils façonner l’industrie plutôt que d’en suivre passivement les tendances ?
Alors, dans un univers où la hype autour de l’IA ne faiblit jamais longtemps, une interrogation demeure : Zero Shot saura-t-il réellement dicter l’innovation, ou ne fait-il que surfer habilement sur la vague qu’il a lui-même contribué à créer ?
Source : Techcrunch




