a computer chip with the letter a on top of it

Credits image : Igor Omilaev / Unsplash

Intelligence Artificielle
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Parlons peu, parlons Jev : l’IA qui n’a pas sa langue dans sa poche

« Parfois, la technologie avance si vite qu’on dirait qu’elle a programmé notre obsolescence avant même d’avoir fini de charger. » Voilà un ressenti qui colle parfaitement à la nouvelle révolution tranquille de l’intelligence artificielle, incarnée par Jev, le dernier rejeton de la startup TypeSafe AI. Adieu poésie de ChatGPT et autres bavardages numériques, bonjour efficacité brute – parfois, quand on veut vraiment avancer, il vaut mieux troquer le blabla contre des 1 et des 0 bien placés.

Diogo Almeida, ancien prodige d’OpenAI (on pourrait dire « papa de RLHF », pour Reinforcement Learning from Human Feedback) a eu le cœur brisé par son propre bébé, ChatGPT. Trop de lettres, pas assez d’automatisation. « On tient l’éclair en bouteille, mais il ne sert à rien » confia-t-il, sûrement en essuyant une larme sur un clavier rétroéclairé. Selon lui, le problème est que ces modèles optimisent la langue humaine, alors que le langage informatique, lui, préfère les probabilités aux pirouettes grammaticales.

C’est là que Jev entre en scène en bousculant les codes (et aussi les codeurs). Oubliez la sortie en texte : Jev ne vous écrira pas des sonnets, il vous balancera plutôt des probabilités. Résultat ? Moins de ressources consommées, un prix riquiqui, pas de « hallucinations » façon IA qui se prend pour Victor Hugo, et une capacité à répondre plus vite que son ombre. Chez Vercel, on a même noté un gain de rapidité de 5 à 18 fois face à l’ancien système d’OpenAI. De quoi faire saliver les développeurs, qui se précipitent… parfois trop, au point de saturer l’API de TypeSafe.

Quand l’IA arrête de vouloir philosopher, elle devient (enfin) utile pour bosser avec les machines.

Mais attention, tout n’est pas binaire dans le monde de Jev ! Même si pour le CTO de Bryo AI, le modèle de Gemini était un chouïa plus précis, Jev se distingue par ses indicateurs de confiance : lui, au moins, il vous donne une vraie probabilité, pas une réponse sortie d’un chapeau numérique. C’est parfait pour automatiser des tâches sans jouer à la roulette russe avec la productivité. D’ailleurs, au lieu de remplacer les LLMs partout, Jev se voit comme leur aimable « baby-sitter », surveillant les dérapages des autres IA à moindres coûts. Dans le pire des cas, si la confiance chute à 50%, il suffit d’ignorer la décision, et ça fait une excuse parfaite pour aller prendre un café.

L’autre usage malin, c’est le « model routing » : prédire, à la volée et sans se ruiner, quel modèle doit traiter une tâche spécifique. Une prouesse, rendue possible par la vitesse et la légèreté de Jev – et dont rêvaient en secret tous les accros aux flux tendus. Le nom du modèle n’est d’ailleurs pas un hasard : hommage à l’économiste Jevons, qui prédisait que quand tout devient moins cher, on en consomme plus. Almeida verra-t-il bientôt son IA ouvrir la voie à une orgie d’automatisations bon marché ? Il l’espère, imaginant un futur où des petits bouts de logiciels intelligents peupleront nos programmes, façon early internet, loin des super applis centralisatrices de la Silicon Valley.

Le mystère plane encore sur l’ingrédient secret de Jev : certains pensent que c’est un LLM ouvert modifié, la startup, elle, préfère parler d’un « System One model », calé sur l’intuition plus que sur la raison, entraîné uniquement sur des données synthétiques. En tout cas, Almeida affiche un enthousiasme débordant pour sa technique maison, qui, selon lui, rivalise avec ses meilleurs paris de carrière… et probablement avec la loterie nationale côté « jackpot personnel ».

Pour l’instant, Jev règne presque seul sur ce créneau — mais ne vous y trompez pas, ce genre de succès donne des idées à la concurrence. Le CTO d’Earendil, lui, regrette juste qu’on ait préféré subventionner à outrance les LLMs, au détriment de la créativité logicielle. Chez TypeSafe, on annonce déjà plus de modèles au rayon nouveauté, mais Almeida n’a pas (encore) pour ambition de créer un nouveau « Dieu de la data center »… juste de l’intelligence, version artisanale — et qui coûte moins cher à l’usage qu’un café allongé au Starbucks du coin.

Conclusion ? Avec Jev, plus besoin de parler pour briller en société logicielle. La preuve que la vie, c’est (aussi) une question de probabilité… surtout quand l’IA arrête de vouloir causer pour ne rien dire !

Source : Techcrunch

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