« Le meilleur pitch deck ne se la raconte pas », disait ma grand-mère (qui ne savait pas ce qu’était un pitch deck, certes, mais elle était visionnaire sur le marketing). Lors du TechCrunch Disrupt, trois investisseurs – Jyoti Bansal, Medha Agarwal (Defy), et Jennifer Neundorfer (January Ventures) — sont montés sur scène pour disséquer à coups de scalpel ce qui rend une présentation irrésistible… ou simplement risible.
Leur premier fléau ? L’abus de mots à la mode, façon « bingo du jargon ». Plus il y a « d’IA » dans le pitch, moins il y aurait d’IA en coulisses, prévient Agarwal. Un peu comme ces restaurants « faits maison » où tout arrive en barquette sous vide — la techno, ce n’est pas toujours ce que l’on croit. Selon elle, ceux qui innovent vraiment n’ont pas besoin d’étaler leur sauce secrète sur toutes les slides.
Bansal, de son côté, a livré la check-list magique du bon investisseur en mode trois questions : le marché est-il assez gros ? L’idée a-t-elle du potentiel pour devenir le prochain mastodonte ? Et, surtout, attaque-t-on un problème qui vaut la peine qu’on s’y casse les dents ? (Spoiler : si la réponse est « mon chat serait ravi », ce n’est pas suffisant… ou alors, votre chat est CEO.)
Un bon pitch deck, c’est un peu comme la pizza : les meilleurs sont simples, authentiques, et ne mettent pas de l’ananas partout pour faire genre.
Pourquoi VOUS, cher fondateur ? Voilà la question qui brûle les lèvres des investisseurs. Avoir un truc unique, que ce soit une équipe magique ou des super-pouvoirs secrets — c’est le moment de briller, mais sans imiter Iron Man. Et puis — désolé pour les rêveurs — il faut un peu de vrai : un début de validation, des clients pilotes, un chouïa de chiffre d’affaires… bref, la promesse d’un succès crédible. Objectif : le milliard, sinon rien !
Dans l’univers surpeuplé des startups IA, comment sortir du lot sans rajouter une louche de buzzwords ? Les réponses varient : maîtrisez votre secteur, innovez sur le comportement plus que sur la simple productivité, et surtout, soyez honnêtes sur vos concurrents. Qui zappe le slide « concurrence » perd direct en crédibilité, dixit Agarwal — on n’est pas dans un casting de téléréalité, il faut assumer la compétition.
Pour les fondateurs perdus dans le maelström tech, voici la recette maison version VC : surveillez la météo du secteur, restez branchés sur les réseaux de fondateurs pour dénicher la dernière boussole digitale, et surtout, recentrez-vous sur l’essentiel. Comme le résume Bansal, après avoir tout entendu : « Concentrez-vous sur votre produit ». Mieux vaut avoir un bon logiciel qu’un mauvais PowerPoint, c’est mon humble avis.
Alors, la prochaine fois que vous préparez votre pitch deck, rappelez-vous : arrêtez de forcer sur l’IA pour épater la galerie… sauf si vous voulez finir dans la casserole à buzzwords. L’essentiel, c’est de nourrir les investisseurs, pas de leur servir du réchauffé.
Allez, une dernière pour la route : devant tant de slides tape-à-l’œil, gardez la tête froide… Un bon pitch, ça se mange sans IA !
Source : Techcrunch




