« L’accélération, c’est bien, mais sans le dérapage sur le capital, c’est mieux ! » Voilà un adage qu’Ali Partovi, investisseur historique et PDG de Neo, semble vouloir graver dans le marbre (ou du moins dans le marbre numérique des startups). Lassé de voir les jeunes fondateurs échanger leur précieuse part de gâteau pour une bribe de mentorat, il lance une nouvelle version de son programme Neo Residency… et cette fois, on ne va pas arracher la cerise du gâteau aux fondateurs dès la première bouchée.
Pour la promotion estivale de Neo Residency, c’est un peu Noël avant l’heure : Neo sort le chéquier pour injecter 750 000 $ via un « SAFE » non plafonné. Dit autrement, Neo ne prend pas tout de suite son morceau du gâteau et la taille de la part dépendra de ce que la boîte vaudra à la prochaine levée de fonds. Si la startup est déjà une licorne, Neo n’aura alors plus qu’à grignoter, et si ce n’est qu’un poney, Neo aura droit à une part plus gourmande. L’audace, c’est de prendre (vraiment) le risque avec eux, sans les coincer d’entrée !
À titre de comparaison, chez Y Combinator (le mastodonte de l’accélération), c’est 7% de votre bébé pour 125 000$, et chez Andreessen Horowitz, on monte à 10% pour un ticket de 500 000$. Vous sentez l’odeur du ruisseau qui s’approche ? Neo, lui, propose un modèle « founder-friendly » qui commence à faire saliver jusque dans les réunions d’investisseurs les plus feutrées de San Francisco.
Neo Residency promet le prestige du parrainage, sans la douloureuse addition en capital pour les fondateurs.
Mais le capital n’est pas le seul atout de Neo Residency. Trois mois à San Francisco (où croiser un Uber est plus facile que rencontrer un pigeon), bootcamp vitaminé dans les montagnes de l’Oregon, une meute de mentors stars (comme le président de Cognition ou le créateur de Google Sheets)… sans oublier un réseau puissant qui fait briller les startups jusqu’aux yeux des gros investisseurs — c’est le vrai « club VIP » des accros à la tech.
Et la légende commence à s’écrire : des anciens du programme, comme Moment (fintech à succès) ou Anterior (l’IA médicale), lèvent déjà des millions avec la bénédiction d’Andreessen Horowitz ou de Sequoia. Même parmi les étudiants, Neo mise gros : cinq à huit chanceux recevront 40 000 $ pour prendre un break de la fac et réfléchir à leur future licorne… quitte à susciter quelques vocations (et, qui sait, décupler le syndrome de l’entrepreneur en herbe).
Pas question de faire de la quantité : 20 équipes maximum par cohorte, deux fois par an, entre startups prometteuses et étudiants visionnaires. Ali Partovi ne joue pas la loterie, il s’estime carrément médium : sa botte secrète, c’est de savoir repérer les futurs géants avant tout le monde (il a déniché Michael Truell de Cursor alors qu’il n’avait même pas fini ses études au MIT… et la boîte vaut aujourd’hui des milliards).
Alors, pourquoi se montrer si généreux ? Pour attirer les talents de demain avant la concurrence, par pure confiance dans son radar à « superstars » et surtout pour prouver qu’en Silicon Valley comme ailleurs, mériter son kilo de caviar, ce n’est pas toujours une question de pourcentage ! En somme, Neo Residency espère faire de ses fondateurs des millionnaires… sans les transformer en « parts-au-vent ». Car donner sans trop prendre, c’est parfois aussi ça, le secret d’un bon tour de table.
Source : Techcrunch




