Qu’est-ce qui se passe vraiment derrière la fusion récente entre deux géants de l’edtech indien, Unacademy et upGrad ? Est-ce une simple transaction financière, ou l’ultime tentative de survie dans un secteur en plein bouleversement ? Et après les folles années de croissance pandémique, quelles sont les leçons à tirer de la dégringolade inattendue d’Unacademy ?
Ces dernières heures, la nouvelle s’est répandue : upGrad vient de signer un accord prévoyant le rachat de 100 % d’Unacademy via un échange d’actions. Surprise : la valorisation finale restera confidentielle jusqu’à la clôture de la transaction. Qu’est-ce qui a bien pu pousser Unacademy, jadis valorisée à 3,5 milliards de dollars, à accepter cette absorption (et ce silence), alors que sa valeur serait tombée en dessous de 500 millions $ selon son fondateur Gaurav Munjal ?
Depuis la fin des confinements, tout le secteur indien de l’edtech tangue dangereusement. Les élèves sont revenus en classe et l’incroyable envolée de la demande pour les plateformes de cours en ligne s’est brutalement éteinte. Derrière la façade, Unacademy a sabré ses coûts, renoncé à certaines ambitions physiques, recentrant tout sur son cœur digital. Est-ce une fuite en avant ou un recentrage salutaire ?
La fusion d’Unacademy et upGrad marque la fin d’un cycle pour l’edtech indienne et soulève de vraies interrogations sur l’avenir du secteur.
L’accord prévoit que Gaurav Munjal restera aux commandes d’Unacademy après la fusion, tandis que l’intégration avec upGrad devrait étendre l’offre du groupe de la maternelle à la formation tout au long de la vie. Mais que vaudra vraiment cet « écosystème intégré », alors que le marché manque cruellement d’innovations majeures ? Même Munjal le reconnaît : « Nous avons perdu du terrain et le secteur stagne. »
Entre-temps, la start-up autrefois incontournable s’est transformée en machine à restructurer : fermetures de bureaux, plans sociaux et rachat massif d’actions pour ses ex-employés, le tout pour assainir la trésorerie (plus de 100 M$ en caisse aujourd’hui). Pourtant, Unacademy n’est pas la seule touchée : la licorne Byju’s, longtemps numéro un, est entrée en procédure d’insolvabilité tandis que Physics Wallah continue, à contre-courant, à engranger des profits et à séduire la Bourse indienne.
Autre sujet de controverse : l’implication croissante de Gaurav Munjal dans Airlearn, son nouveau projet d’application IA pour l’apprentissage des langues, a crispé ses principaux investisseurs. Est-ce un pari osé sur la prochaine vague de l’edtech ? Ou le signe que le navire Unacademy voguait déjà en eaux troubles ?
Si Airlearn gagne déjà des parts de marché à l’étranger, rien ne dit que l’intelligence artificielle suffira à révolutionner un secteur en panne d’inspiration. Après trois ans de surchauffe, ce grand ménage n’annonce-t-il pas une nouvelle ère moins glamour pour l’edtech indienne ?
Source : Techcrunch




