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Credits image : Alex Rybin / Unsplash

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La vague des licornes européennes : simple feu de paille ou nouvel âge d’or ?

Janvier 2026 : comment expliquer que l’Europe a vu naître cinq nouvelles licornes en seulement un mois, malgré un contexte économique globalement incertain ? Le Vieux Continent serait-il devenu le nouveau terrain de chasse privilégié des investisseurs ? Nous avons enquêté sur ce phénomène et sur l’ADN technologique de ces nouveaux champions, qui prennent racine de la Belgique à l’Ukraine… Mais les licornes européennes ont-elles vraiment le même visage qu’ailleurs ?

Avant de saluer ce “miracle européen”, deux précautions s’imposent. D’une part, certaines licornes dites européennes sont en réalité immatriculées hors d’Europe, comme Lovable, basée légalement au Delaware mais profondément ancrée dans la scène tech suédoise. Comment mesurer alors l’impact réel de ces startups sur l’écosystème local, tant qu’aucune structure “EU Inc” n’existe ? D’autre part, si la valorisation à plus d’un milliard de dollars fait encore rêver, elle n’est pas gage de succès commercial pérenne. Si Lovable affiche 300 millions de revenus récurrents annuels, d’autres n’en sont qu’au stade des promesses. La “licorne” serait-elle une espèce menacée de surévaluation ?

Regardons de plus près ces cinq stories qui font les gros titres. Premier cas, Aikido Security: cette startup cybersécurité belge a levé 60 millions de dollars pour accélérer sa plateforme, déjà utilisée par plus de 100 000 équipes dans le monde. En une année, elle aurait multiplié par cinq ses revenus, et par trois sa base clients. Peut-on croire à une Silicon Valley version Bruxelles ? Pour ses fondateurs, cette ascension est la preuve qu’une alternative européenne sérieuse se dresse face aux géants israéliens et américains.

Les licornes européennes incarnent autant des espoirs que des points d’interrogation sur la solidité de leur croissance et leur ancrage local.

La tendance se confirme en Lituanie, dont le cinquième “unicorn” — Cast AI — est officiellement hébergé aux États-Unis mais maintient un centre clé à Vilnius. Ce spécialiste de l’optimisation cloud pour l’IA a dépassé le milliard de dollars de valorisation, notamment grâce à un investissement stratégique du groupe coréen Shinsegae. Cast AI vient de lancer OMNI Compute pour permettre des déploiements IA massifs sur un minimum de GPU. La recette européenne serait-elle celle des doubles racines et des marchés globaux ?

L’innovation se loge aussi dans des secteurs inattendus : Harmattan AI, jeune pousse française née en 2024, a déjà conquis Dassault Aviation et séduit les ministères de la Défense français et britannique, ainsi que l’ukrainien Skyeton. Tandis que la guerre en Ukraine met en lumière la montée en puissance des drones, la valorisation fulgurante d’Harmattan signale-t-elle l’irruption d’une “licorne militaire” européenne ?

L’Allemagne n’est pas en reste : Osapiens, éditeur de logiciels de conformité ESG, vient de lever 100 millions de dollars auprès de Decarbonization Partners (BlackRock et Temasek), portant sa valeur à plus d’1,1 milliard. Sa plateforme séduit déjà plus de 2 400 clients dans le monde, confrontés au défi de la transparence et des risques supply chain. L’appétit des géants financiers pour ce segment démontre-t-il une mutation profonde des priorités des licornes européennes, du chiffre d’affaires vers la responsabilité environnementale ?

Enfin Preply, plateforme d’apprentissage des langues fondée sur l’IA, symbolise la résilience ukrainienne. Valorisée 1,2 milliard de dollars, portée par un CEO convaincu de la révolution cognitive de l’IA, elle emploie 150 personnes à Kyiv et compte renforcer ses équipes d’ingénieurs d’Europe à New York. L’essor de Preply montre-t-il que l’EdTech européenne, souvent éclipsée, peut aujourd’hui rivaliser avec les modèles américains ou asiatiques ?

Alors que tous les signaux paraissent au vert pour l’innovation européenne, reste à savoir si cette nouvelle vague de licornes saura transformer l’essai, ou si le mythe de la licorne ne reste qu’un mirage. La valorisation peut-elle vraiment rimer, à terme, avec impact durable et leadership mondial pour l’Europe ?

Source : Techcrunch

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