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Le retour de Vine va-t-il bouleverser la manière dont nous créons et partageons sur les réseaux sociaux ?

Pourquoi ramener Vine à la vie, et que révèle vraiment ce projet sur l’évolution des réseaux sociaux et le pouvoir de leurs utilisateurs ? Un simple accès à un million de vidéos, ou bien un acte de résistance contre la domination des plateformes fermées et de l’IA omniprésente ? Depuis peu, Divine, la renaissance tant attendue du mythique Vine, s’est discrètement installée sur nos smartphones. Mais au-delà du retour d’un format culte, s’agit-il d’un changement de paradigme dans notre façon de consommer et de créer des contenus en ligne ?

Qui sont les véritables artisans derrière ce retour du format six secondes, disparu à cause d’une décision d’entreprise controversée ? La plateforme Divine est presque une lettre d’excuses de Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, qui — via sa structure à but non lucratif « and Other Stuff » — finance l’opération non pour engranger des profits, mais pour corriger ce qu’il considère être l’une de ses plus grosses erreurs : avoir enterré Vine. Derrière le code, c’est aussi Evan Henshaw-Plath — alias Rabble, vétéran de l’entreprise — qui mène la reconstitution de cette mémoire collective du web, exploitant des archives géantes et déjouant des fichiers titanesques grâce à des scripts sur-mesure.

Mais que reste-t-il vraiment de Vine à restaurer ? Tous ces souvenirs numériques auraient pu disparaître si des communautés, telle Archive Team, n’avaient pas pris le soin de les sauvegarder. Aujourd’hui, malgré la perte de certains contenus, Divine donne accès à environ 500 000 vidéos issues de près de 100 000 créateurs originaux. Les figures emblématiques comme Lele Pons ou JimmyHere y font d’ailleurs leur come-back. Doit-on y voir une revanche des créateurs sur l’oubli numérique imposé par les géants, ou juste une cure de nostalgie pour millennials ?

Divine n’est pas qu’un revival de Vine, c’est aussi un pari sur un internet plus ouvert et humain.

Quelle est la véritable nouveauté ? Divine ne se contente pas de recycler le passé : elle promet une expérience épurée de l’IA, grâce à l’obligation de filmer directement depuis l’app ou de prouver l’authenticité de ses vidéos via la norme C2PA. La défiance envers les contenus artificiels, qui envahissent déjà TikTok et Instagram, n’est-elle pas le reflet d’un ras-le-bol généralisé ? L’équipe a même fini par retravailler longuement le design et le code, sur l’insistance des Viners d’origine : cette fois, il s’agit de recréer un espace innovant, et non un simple musée du web.

Ainsi, Divine propose un « mode compilation » très prisé des jeunes générations : on enchaîne les Vines d’un hashtag comme #cats, sans interruption, ou on interagit avec les vidéos pour liker ou repartager. Pourquoi cette contrainte de six secondes séduit-elle toujours à l’ère des vidéos à rallonge ? Peut-être parce qu’elle impose une créativité instantanée qui a forgé toute une culture en ligne, et que Divine entend préserver envers et contre tout — même face à la surproduction digitale.

Mais Divine, c’est aussi un manifeste technique. La plateforme va plus loin que la simple application mobile en s’appuyant sur des protocoles ouverts (Nostr, bientôt AT Protocol, peut-être ActivityPub). Ces choix visent-ils à initier la désagrégation des monopoles actuels ou ne sont-ils qu’une utopie parmi tant d’autres expérimentations open-source ? Divine n’a pour l’instant aucun modèle économique, mais rêve d’un modèle à la Patreon ou d’abonnements premium, redonnant aux créateurs un vrai pouvoir sur la monétisation de leur travail.

Finalement, Divine ressuscite-t-elle vraiment le mythe Vine, ou s’agit-il d’un cheval de Troie pour une nouvelle ère sociale et décentralisée ? L’app est accessible sur App Store, Google Play et même via Zapstore (pour adeptes de Nostr), mais l’entrée se fait encore au compte-gouttes, via liste d’attente — signe d’une nouvelle exclusivité ou précaution d’un lancement à l’ancienne ? À l’heure où certains réseaux sociaux semblent inéluctablement se tourner vers l’IA et le contenu de masse, n’est-ce pas la preuve, après tout, que les internautes n’ont pas dit leur dernier mot ?

Source : Techcrunch

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