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TikTok est-il enfin (vraiment) américain ?

Comment une application de vidéos courtes, originaire de Chine, a-t-elle pu cristalliser autant de tensions politiques et s’imposer au cœur des débats sur la sécurité nationale américaine ? Depuis 2020, TikTok traîne une réputation sulfureuse auprès du gouvernement américain. Était-ce justifié ou s’agissait-il simplement d’une guerre économique ?

La réponse vient peut-être aujourd’hui, avec l’apparition d’une nouvelle entité censée apaiser Washington : le TikTok USDS Joint Venture LLC. Pourquoi ByteDance, maison-mère de TikTok, a-t-elle accepté de céder une partie de sa souveraineté à des investisseurs américains et d’Abu Dhabi ? Cette coopération transatlantique met-elle réellement fin à la saga entre les États-Unis et l’empire chinois de la tech, ou n’est-ce qu’un compromis de façade ?

Le nouveau patron, Adam Presser – jusque-là responsable des opérations et de la sécurité chez TikTok – prend la barre. À ses côtés, Shou Chew – actuel CEO mondial de TikTok – siège désormais comme simple administrateur. Que signifie ce changement pour le pilotage de l’application sur le sol américain et, surtout, pour la promesse de “protections complètes” des données, tant vantée dans le langage officiel ?

La création d’une joint-venture, sous contrôle majoritairement américain, marque-t-elle vraiment la fin des inquiétudes sur l’influence chinoise sur TikTok ?

Oracle, Silver Lake et MGX (d’Abu Dhabi) s’imposent comme gestionnaires principaux, chacun avec 15% du capital. On retrouve aussi parmi les soutiens Michael Dell et d’autres investisseurs plus modestes. Cette distribution du pouvoir va-t-elle véritablement garantir une gestion neutre et sécurisée de la plateforme ? La gouvernance, confiée à un conseil de sept membres venant d’horizons variés, saura-t-elle naviguer entre les intérêts stratégiques, économiques et politiques ?

TikTok assure que la nouvelle structure agira comme une entité indépendante, dotée de garde-fous concernant la sécurité, la modération de contenu et la gestion logicielle. Mais comment contrôler en temps réel la circulation des données, et quid des algorithmes, toujours aussi opaques ?

Donald Trump a salué la manœuvre sur son réseau Truth Social, parlant d’“une voix importante détenue par de grands patriotes américains”. Mais ce changement de main suffit-il à restaurer la confiance, ou n’ouvre-t-il qu’un nouveau chapitre dans la bataille globale pour le contrôle de nos données et de nos écrans ?

Source : Techcrunch

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