« Si tu veux devenir milliardaire, commence par innover en roupie. » Bon, ce n’est pas un vrai proverbe indien (pour l’instant), mais Accel semble bien décidé à le rendre célèbre ! Le géant du capital-risque vient de recharger son portefeuille avec 550 millions de dollars prêts à atterrir dans les startups indiennes, tout en gardant une réserve de leur précédent butin. Apparemment, chez Accel, on ne lance pas les billets en l’air au hasard : leur dernier fonds dédié à l’Inde avait encore plus de 55 % de ses munitions intactes. Pas besoin d’être mathématicien pour deviner que les investisseurs trépignent d’impatience.
Alors, pourquoi tant d’amour pour l’Inde, le pays qui a récemment adopté la coupe mulet en entrepreneuriat (mi-logiciel, mi-industrie) ? Accel parie sur une vague combinée d’innovation : intelligence artificielle, fintech, internet grand public, et même l’industrie avancée. Mais ici, pas question de construire un enième OpenAI indien. Selon les partenaires d’Accel, l’IA agit plutôt comme la sauce secrète de la tech : elle s’infiltre partout, de la friture de l’internet au biryani du secteur industriel.
« Beaucoup d’argent circule pour investir tôt dans l’IA, la fintech, la deep tech… et nous voulons transformer de beaux champions locaux en géants globaux », explique Shekhar Kirani, partenaire d’Accel. Le planning est millimétré : le nouveau fonds ne sortira ses roupies qu’à partir de 2027 ; d’ici là, c’est le fonds précédent qui prendra le relais. RapidClaims, start-up qui met l’intelligence (et un brin d’intelligente folie) dans le codage médical pour les hôpitaux US, en est déjà une illustration : de l’IA, une pincée d’expertise locale et voilà le code médical américain avec 95% d’exactitude.
Plutôt que de réinventer la roue de l’IA, l’Inde préfère lui rajouter un moteur de tuk-tuk et viser l’efficacité mondiale.
Et les signaux sont prometteurs : Anthropic ou OpenAI font déjà de l’Inde leur plus gros terrain de jeu après les États-Unis, et la fièvre de l’IA fait des ravages dans la communauté des développeurs domestiques. Mais derrière les projecteurs, la vraie transformation s’opère dans des secteurs historiques où l’humain garde toute sa valeur, et où l’IA s’invite en copilote malin. Résultat : des logiciels taillés pour les entreprises, développés par des ingénieurs indiens capables de mélanger expertise technique et créativité « du cru ».
Le reste du monde ne s’y trompe pas : Peak XV Partners et General Catalyst ont rallumé les moteurs du financement avec respectivement 1,3 et 5 milliards de dollars. Même Lightspeed Venture Partners prépare un fond dédié à l’Inde sur la plus petite cylindrée, à 300-350 millions (juste pour voir si la magie opère aussi en petit format ?). Bref, l’Inde n’est plus ce laboratoire exotique du logiciel pas cher, mais un vrai fournisseur d’idées puissantes et de fondateurs qui visent la Lune – et parfois la Mars d’Elon Musk !
Petit twist final : cette levée de fonds globale d’Accel — 3,5 milliards de dollars à travers quatre fonds — témoigne de l’intention bien claire de couvrir toutes les étapes de croissance, du berceau à l’introduction en bourse. Après tout, pourquoi se limiter à la vache sacrée quand on peut aussi élever la licorne ?
En somme, si l’IA va transformer l’Inde, c’est peut-être parce qu’au pays de Bollywood, même les algorithmes aiment les rebondissements. Accel a misé sur le bon script et, cette fois, le happy end s’annonce peut-être… exponentiel !
À ce rythme, n’ayez crainte, la prochaine licorne sera peut-être codée en curry… ou en python !
Source : Techcrunch




