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Credits image : the blowup / Unsplash

Intelligence Artificielle
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Des menus sauce IA : quand l’artifice a mauvais goût

« Si c’est trop beau pour être vrai… c’est probablement généré par l’IA ! » Voilà une phrase à méditer à l’heure où nos menus de restaurant préférés semblent sortir tout droit d’un concours de beauté alimentaire, orchestré non pas par un chef étoilé, mais par une intelligence artificielle avec un sens esthétique franchement… inquiétant.

Entrez dans un café, contemplez des bagels parfaits et des burgers d’une rondeur suspecte : vous n’êtes pas fou, c’est l’ère des cartes générées par IA. À première vue, tout semble alléchant, limite photoshoppé, mais un regard attentif fait naître un étrange malaise. Comme si une créature extraterrestre s’essayait à l’art culinaire sans en saisir les codes. Parmi les pires exemples, on tombe sur des burritos dignes de Picasso ou des crevettes fusion qui font plus Lovecraft qu’Épicurien (oui, c’est possible !).

Alex Lisle, CTO chez Reality Defender (une start-up dont le business, justement, consiste à renifler la patte de l’IA dans nos contenus), explique que cet effet robotique vient du « corpus » d’images sur lesquelles sont entraînés ces modèles : menus de grandes chaînes US, imaginaires pinterestesques et publicités de fast-food trop léchées. Grâce à ces bases de données gargantuesques, les IA comme Midjourney et ChatGPT prédisent… ce à quoi ressemble un « beau » burger, donc souvent un cliché pixel-perfect, probablement importé d’un Chili’s circa 2015. Le résultat ? Une convergence (et non un effondrement complet) qui gomme toute singularité et rend chaque new-yorkais suspicieux devant son bagel de synthèse.

L’uniformité algorithmique, c’est tellement fade qu’on en finirait par regretter les pubs mensongères de Big Mac !

Mais attention : le vrai danger guette hors de nos assiettes. Si les IA s’alimentent elles-mêmes de leurs propres créations, elles risquent le « model collapse », une indigestion cognitive qui peut les rendre complètement… « cheesy ». L’IA qui mange sa propre queue – littéralement et figurativement – finit par repéter à l’infini les mêmes sandwichs absurdes, jusqu’à ce que la soupe devienne franchement indigeste même pour un client distrait.

Le phénomène s’accentue menu après menu : chaque retouche d’un restaurateur (prix, ingrédients, couleurs) accentue la rondeur et la « soudure » des images – jusqu’à créer ce fameux effet « uncanny valley alimentaire » étudié par des chercheurs allemands : plus la photo semble presque vraie, plus elle nous dégoûte. Ce ressenti étrange, presque instinctif, met en lumière notre capacité à flairer le fake (à défaut d’apprécier la boulette). Pas étonnant que certains clients fuient des menus qui ressemblent à des pubs des années 2010 passées à la moulinette d’un robot perfectionniste.

En creusant un peu, la question dépasse la bouffe : preuve vidéo ou confession enregistrée – jadis le Graal judiciaire –, tout peut désormais être deepfaké grâce à ces technologies. « Voir, c’était croire… aujourd’hui, mieux vaut douter puis vérifier », affirme Lisle. Alors, certes, nos menus sont plus jolis, mais prudence : la révolution IA dans nos assiettes n’a pas fini de nous donner des sueurs froides… ou la nausée !

En tout cas, la prochaine fois que votre burger sur la carte ressemble à Miss Univers, n’oubliez pas qu’en vrai, l’IA ne vous mijote pas toujours la vérité… On ne peut pas mettre l’intelligence dans la mayonnaise, même à grand renfort d’algorithmes !

Source : Techcrunch

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