« Pourquoi les hackers ne prennent-ils jamais de vacances ? Parce que même quand ils déconnectent, ils se reconnectent. » Voilà une question qui nous parle tous alors que le cyberespace vient une fois encore d’être secoué par la saga clownesque d’Anodot, une entreprise au nom presque rassurant si ce n’est que ses « points » de données viennent tout juste de finir… entre de mauvaises mains.
Le dernier épisode du drama tech : des hackers, qui se font appeler ShinyHunters (on imagine déjà leur logo façon Pokémon, sauf qu’ils capturent vos infos, pas Pikachu), ont visiblement mis la main sur les données d’au moins une douzaine de grosses entreprises en passant par la porte dérobée d’Anodot. Plus c’est gros, plus ça passe, et surtout, plus ça rapporte. Pour ces hackers professionnels de l’effet domino, voler un service, c’est s’offrir une boîte de chocolats surprises : chaque client d’Anodot devient une cible à extorquer.
Mais la blague, c’est que tout commence par une panne : le 4 avril, soudainement, les « data connectors » d’Anodot font grève. Résultat : la clientèle, pieds dans le cloud et tête dans le brouillard, ne peut plus accéder à ses propres données. Mais ce blackout n’était qu’un amuse-bouche avant l’arrivée des ShinyHunters, à l’appétit bien affûté.
Les hackers aiment jouer aux poupées russes : une brèche en cache toujours une autre.
Sous le capot, c’est une histoire d’authentification qui déraille. Nos vilains pirates n’ont pas simplement volé des documents, ils ont dérobé les jetons magiques – vous savez, ces sésames qui autorisent (ou interdisent) l’accès à tout un coffre fort de données. Grâce à ces jetons, les ShinyHunters ont pu faire leur marché dans les rayons de cloud storage des clients, en toute tranquillité, pendant que certains fournisseurs, à l’image de Snowflake, tentaient vaille que vaille de couper le robinet en repérant l’« activité inhabituelle ».
L’un de ces clients malheureux ? Rien moins que Rockstar Games, la boîte derrière Grand Theft Auto et Max Payne. La réaction de leur porte-parole, Murphy Siegel, à TechCrunch : du classique damage control, version « rien de grave, circulez, rien à voir ici ». Faut les comprendre, ils ont déjà l’habitude de se faire hacker, souvenez-vous du trailer « braqué » de GTA VI en 2022. On dirait que, chez Rockstar, la fiction rejoint un peu trop souvent la réalité !
Ni Snowflake ni le nouveau propriétaire d’Anodot, Glassbox, n’ont daigné répondre présent au micro pour cette affaire. Sûrement trop occupés à colmater les brèches, ou peut-être à faire disparaître quelques preuves numériques – qui sait ce qui se trame vraiment dans les coulisses du grand cirque cloud ?
Quant aux ShinyHunters, ces as du déguisement numérique, ils aiment jouer aux superhéros de la tromperie : un coup IT helpdesk, un coup support technique, et hop, ils grugent les employés de sociétés pour dérober accès et secrets. L’histoire n’est d’ailleurs qu’un épisode de plus dans leur feuilleton : ils s’attaquent à tout ce qui brasse de la donnée cloud, de Gainsight à Salesloft, toujours à l’affût du moindre jeton pour rebondir, hacker, et recommencer.
Morale de l’histoire : derrière la façade ultra sécurisée des outils cloud et SaaS, il suffit d’un petit maillon faible pour que tout s’effondre – comme quoi, parfois, il vaudrait mieux garder ses données… dans une boîte à chaussures sous le lit. Ou mieux, invisible, comme un bon vieux code wifi oublié !
Source : Techcrunch




