« Il ne faut pas juger une entreprise à la housse de son Roomba. » Voilà une devise que certains patrons de start-up auraient aimé suivre récemment. Quand on apprend qu’iRobot, Luminar et Rad Power Bikes ont rejoint, main dans la main, le club très select des entreprises en faillite en moins d’une semaine, il y a de quoi se demander si la tech n’aurait pas besoin d’un mode d’emploi. Ou au moins d’un tutoriel YouTube.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, dans la catégorie “série noire”, mais en grattant un peu (attention aux lames des robots aspirateurs), on découvre que ces sociétés avaient plus en commun qu’une simple date de dépôt de bilan. Au menu : des pressions tarifaires façon “taxe surprise”, des deals majeurs qui tombent littéralement à l’eau, et l’incapacité chronique à aller voir si l’herbe — ou plutôt le marché — était plus verte ailleurs que là où on a brouté son premier succès.
On retrouve donc trois parcours différents, mais un carrefour inattendu : Rad Power Bikes, pionnier de l’e-bike, propulsé sur le podium… puis précipité au sol dès que les bureaux ont rouvert et que le “vrai” vélo a repris du galon. Luminar, champion du lidar qui voulait démocratiser les capteurs lasers (spoiler : la route reste semée d’embûches et d’obstacles à éviter… si on les voit venir). Et bien sûr, iRobot, dont le Roomba a si bien nettoyé les salons qu’on en a oublié d’inventer un plan B pendant ce temps. Amazon aurait pu les sauver, mais c’est finalement la FTC qui s’est transformée en robot-poubelle.
Trois entreprises, trois histoires différentes, mais une conclusion commune : même les stars de la tech ont besoin d’un plan B (et d’une bonne batterie).
Mais attention aux conclusions hâtives ! Comme le souligne le podcast Equity — à écouter ci-dessus pour briller lors de votre prochain apéro entre geeks — ces échecs ne sont pas que la faute d’un deal Amazon avorté ou de méchants tarifs. Il y a les envies d’aller voir ailleurs, la dépendance extrême à l’Asie pour la fabrication, ou encore l’incapacité chronique des licornes à faire face à un rappel massif de batteries sans que tout parte en fumée (littéralement, parfois).
Rebecca, notre spécialiste “maman à vélo”, rappelle que pour Rad Power Bikes, la cascade de problèmes de batteries a été “LA panne fatale”. Mais Sean, lui, préfère creuser la dimension macro : “iRobot, c’est l’exemple parfait du casse-tête mondial : qui aurait pu lancer ça aux USA avec uniquement des sous-traitants locaux, franchement ?”
La mauvaise conjoncture internationale n’aide pas, non plus, à ces investisseurs de la première heure qui pensaient surfer éternellement sur la vague Roomba ou sur les pistes cyclables du télétravail. L’histoire se répète donc, avec toujours le même refrain : à vouloir rester le roi du segment (parfois carrément segmenté par la concurrence chinoise), on oublie d’imaginer la suite de son propre récit.
Alors la prochaine fois que vous verrez passer un Roomba fatigué ou une e-bike tristounette, souvenez-vous : dans le monde impitoyable de la tech, il ne suffit pas d’avoir le bon produit, il faut aussi garder assez d’énergie pour éviter le mode “aspiré dans la faillite” ! Car après tout, les entreprises de hardware devraient savoir : il ne faut jamais mettre tous ses boulons dans le même panier.
Source : Techcrunch




