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Credits image : Taylor Vick / Unsplash

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L’Inde peut-elle devenir la prochaine superpuissance mondiale des centres de données ?

Pourquoi l’Inde attire-t-elle autant d’appétit pour ses centres de données ? Alors que le pays semblait il y a peu relégué au second plan en matière d’infrastructures numériques, voilà qu’AirTrunk, opérateur australien soutenu par le géant Blackstone, annonce un investissement colossal de 30 milliards de dollars d’ici 2030. 5 gigawatts de capacité : s’agit-il d’une course à la puissance ou d’un pari sur le futur technologique de l’Inde ?

En rachetant Lumina CloudInfra cette année, AirTrunk a clairement dévoilé ses ambitions : s’installer durablement sur un marché que beaucoup considèrent comme le prochain eldorado de l’IA et du cloud. Mais peut-on simplement parler d’aventure industrielle ? Quand on regarde les chiffres—passer de 1,5 GW aujourd’hui à 8 GW de capacité potentielle d’ici 2030 selon Bernstein—on comprend que chaque acteur majeur souhaite inscrire son nom dans la nouvelle cartographie numérique de l’Asie du Sud.

Pourquoi donc cet engouement soudain ? Les mesures d’incitation du gouvernement indien, comme l’exonération fiscale prolongée jusqu’en 2047 pour les opérateurs de cloud hébergeant des données étrangères, semblent avoir eu l’effet escompté. Est-ce un signe d’une volonté politique inédite pour propulser l’Inde au cœur du jeu mondial de l’intelligence artificielle ? Ou une course effrénée pour ne pas manquer la dernière vague d’investissements technologiques majeurs ?

L’Inde devient-elle l’arène mondiale de la bataille pour la souveraineté numérique et la domination de l’IA ?

Dans ce contexte, l’opération qui se dessine dans l’État du Maharashtra symbolise-t-elle ce virage stratégique ? Avec une possible implantation à Raigad pour un data center de 3 GW et un pipeline d’autres projets à Mumbai, Chennai et Hyderabad, AirTrunk veut-il écraser la concurrence ou fédérer un écosystème local ? Et si seule une partie des 5 GW annoncés se concentrait autour de Raigad, à quoi peut-on s’attendre dans les autres régions dynamiques du pays ?

Ce nouvel acteur ne débarque pas seul. Amazon, Google, Microsoft, OpenAI, Uber, mais aussi des géants indiens comme Reliance, Adani ou TCS, multiplient les annonces spectaculaires depuis quelques mois. Jusqu’où cette surenchère d’investissements portera-t-elle la puissance informatique indienne ? Les promesses politiques, comme celle du Premier ministre Narendra Modi d’ériger l’Inde en hub mondial du cloud et de l’IA, suffiront-elles à garantir la réussite de ces plans titanesques ?

Mais derrière cette effervescence, des questions cruciales demeurent sur la soutenabilité du modèle. Les ressources nécessaires—électricité, eau, foncier—peuvent-elles réellement suivre la cadence ? À l’échelle Asie-Pacifique, Deloitte estime que la demande supplémentaire en électricité pour ces centres dépassera des dizaines de térawattheures. S’agit-il d’un progrès technologique ou d’une fuite en avant risquée, potentiellement freinée par le goulet d’étranglement énergétique ?

Le pari d’AirTrunk s’appuie-t-il avant tout sur le soutien politique, la disponibilité de talents locaux et l’accès aux énergies renouvelables ? Ou sommes-nous témoins d’une bulle spéculative, gonflée par l’engouement mondial pour l’IA mais menacée par l’épuisement des ressources et par l’absence d’un réel débat public sur la soutenabilité environnementale de ces infrastructures ?

Le développement massif des data centers pourra-t-il tenir ses promesses de croissance technologique tout en évitant de plonger l’Inde dans une nouvelle crise de ressources ?

Source : Techcrunch

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