« Si Bill Gates achetait des places pour le Super Bowl, il ne serait jamais assis sur le banc de touche ! » Voilà de quoi résumer l’ambiance électrique (et sacrément fortunée) qui s’empare de la Silicon Valley ce week-end pour le Super Bowl. Patriots contre Seahawks, tech billionnaires contre anciens quarterbacks, et une pluie de dollars comme s’il n’y avait pas de plafond salarial.
Entre les gérants de YouTube, Apple et la crème de la tech de la baie, la liste des VIP ressemble à une réunion d’actionnaires qui aurait mal tourné (ou très bien, selon le point de vue de leur banquier). Tim Cook ne raterait pour rien au monde ce rendez-vous, d’autant qu’Apple Music est sponsor officiel du désormais légendaire show de la mi-temps. De l’autre côté, c’est Venky Ganesan, un investisseur chevronné de Menlo Ventures, qui se faufile dans les gradins. Il confie malicieusement au New York Times : « Les milliardaires de la tech qui ont toujours été choisis en dernier en cours de sport payent 50 000 dollars pour faire semblant d’être copains avec les sportifs qui étaient toujours choisis en premier. (Et oui, moi aussi, j’étais choisi en dernier…) ».
Avec sa fortune, Ganesan pourrait s’acheter une tribune à lui tout seul… et quelques startups en bonus. Pas étonnant, quand on sait que Menlo Ventures parie massivement sur l’intelligence artificielle, spécialement sur Anthropic, la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley. Entre la création d’un fonds de 100 millions de dollars avec Anthropic cet été et les multiples investissements sur la licorne de l’IA, ce n’est plus un ticket pour le Super Bowl qu’ils s’offrent, mais bien un ticket d’or pour l’avenir tout court. Anthropic doit d’ailleurs bientôt décrocher un tour de table de 20 milliards de dollars, propulsant sa valeur à la stratosphérique somme de 350 milliards. On voudrait presque savoir combien coûtent les chips dans les loges VIP.
Ce Super Bowl, c’est presque une course d’IA sur le terrain… avec des billets en bitcoin et des selfies à chaque touchdown !
Ne vous fiez pas à l’événement sportif : la vraie compétition se déroule peut-être… pendant la pub ! OpenAI, Anthropic, Google, Amazon, Meta : une bataille publicitaire entre IA fait rage aussi férocement que sur la pelouse. Chaque géant espère convaincre le grand public que SON intelligence artificielle est la plus maligne de toutes. Chose amusante, presque tous les patrons habitent à un jet de ballon du stade, sauf Andy Jassy d’Amazon – mais avec ses allers-retours entre Seattle et Santa Monica, il doit avoir un abonnement premium à l’aéroport.
D’ailleurs, il faut le dire, le Super Bowl à la mode californienne, ce n’est pas tous les dimanches ! La Bay Area n’a reçu la grand-messe du football qu’à trois reprises : en 1985 à Stanford et il y a 10 ans à Levi’s Stadium. Ce week-end, les fans pourraient bien crier autant pour les touchdowns que pour la densité de milliardaires au mètre carré.
Et côté spectateurs lambda ? Le ticket moyen flirte tout de même avec les 7 000 dollars. Pour les retardataires et les fans du marché gris, StubHub sauve la mise avec des places « discount » à 3 600 dollars. Il ne reste qu’un quart des billets pour le public — le reste étant capturé par la galaxie NFL. Preuve que même dans le sport, tout n’est vraiment pas une question de fair-play.
Alors, ce dimanche, qui sera le vrai gagnant ? Les Seahawks, les Patriots, ou les marchands de popcorn de l’upper class ? Impossible à dire, mais une chose est sûre : à Silicon Valley, même la pause pub fait plus d’effet qu’un touchdown. Après tout, dans la tech comme au foot, la compétition la plus féroce se joue parfois… sur le banc des VIP.
Source : Techcrunch




