a close up of a plant with a purple background

Credits image : Andrés Gómez / Unsplash

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La vapeur peut-elle vraiment remplacer les herbicides dans l’entretien des espaces verts ?

Peut-on vraiment se débarrasser des mauvaises herbes sans recourir à des produits chimiques ? Cette question, qui anime de nombreux agriculteurs, responsables d’espaces verts et défenseurs de l’environnement, est au cœur de la démarche de Mark Boysen, fondateur de Naware. Pourquoi persévérer dans la voie du bio quand tant de solutions chimiques existent depuis si longtemps ? Et surtout, comment transformer une idée née dans un garage en innovation prête à bouleverser toute une industrie ?

Tout commence avec une histoire familiale, tragiquement liée à la pollution chimique. Boysen, dont plusieurs membres de la famille ont succombé à un cancer possiblement dû à des produits dans l’eau, cherche une alternative aux pesticides. Mais pourquoi s’être d’abord tourné vers un drone armé d’un laser, puis vers la cryogénie ? Était-ce réalisable ou un simple effet de mode technologique parmi les startuppers ? Après plusieurs essais (et autant d’échecs), Boysen mise finalement sur un procédé ancestral : la vapeur. Un retour aux sources, ou un simple aveu d’échec face à la complexité d’innover ?

Le principe retenu par Naware est à la fois simple et ambitieux : combiner la vision par ordinateur avec la vapeur d’eau pour traquer et éliminer les mauvaises herbes, et ce, sur une multitude de terrains (pelouses, golfs, champs). Peut-on imaginer un entretien de nos espaces verts sans aucun recours aux herbicides ? Et comment faire évoluer ce concept de la version « bricolage » — à base de défroisseurs pour vêtements achetés sur Amazon — à une solution industrielle fiable ?

Naware veut convaincre que la technologie toute simple de la vapeur suffit parfois à remplacer des années de dépendance chimique.

Et si la vraie innovation n’était pas tant dans la source de chaleur que dans la reconnaissance des plantes ? Boysen admet que le problème « vert-sur-vert » — différencier une mauvaise herbe d’un gazon sain — a nécessité toute la puissance de l’intelligence artificielle (et des GPU Nvidia, pour les spécialistes). Le succès semble au rendez-vous : Naware cible aujourd’hui des gestionnaires de terrains de sport et de golf, promettant des économies substantielles pouvant aller jusqu’à 250 000 dollars par an. Mais ces performances, exposées lors du TechCrunch Disrupt 2025, sont-elles réellement vérifiables à grande échelle, ou simples arguments de vente destinés à séduire investisseurs et partenaires ?

Face à l’industrie du logiciel milliardaire et à la déferlante de l’IA autonome, cette start-up du Midwest revendique, non sans ironie, une certaine nostalgie du « garage américain ». Naware a déjà séduit quelques grands manufacturiers anonymes, et la multiplication des discussions stratégiques laisse penser que la vapeur a un avenir industriel, à condition de lever les fonds nécessaires. La question de l’accès aux brevets et la sécurisation des financements restent toutefois cruciales. Est-ce suffisant pour empêcher les « gros » du secteur de répliquer, voire d’absorber l’innovation ?

Peut-on croire à la promesse d’un monde sans herbicides, ou cette lutte contre les mauvaises herbes restera-t-elle un éternel recommencement, au gré des modes et des brevets ? Si Boysen en est certain, c’est désormais le marché qui tranchera. Un changement de paradigme est-il vraiment à notre portée, ou la pression du court terme condamnera-t-elle les bonnes intentions à rester dans l’ombre des géants agrochimiques ?

À l’heure où la santé publique et l’écologie deviennent des arguments entrepreneuriaux massue, la question qui subsiste est la suivante : qui, demain, contrôlera nos champs et nos jardins ? Une start-up à la vapeur ou les multinationales des pesticides ?

Source : Techcrunch

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