Un robotaxi peut-il vraiment remplacer un chauffeur humain, y compris dans des moments critiques comme une naissance inopinée ? C’est la question que pose aujourd’hui un événement survenu à San Francisco, où une femme enceinte a accouché dans une voiture autonome de Waymo, alors qu’elle se rendait en urgence au centre médical UCSF. La scène, extraordinaire sur le papier, était-elle vraiment inattendue pour les habitués des trajets avec VTC ?
Le scénario est digne d’un film de science-fiction, mais il a bien eu lieu : le centre de contrôle à distance de Waymo a détecté « une activité inhabituelle » à bord et a appelé les secours. Résultat ? Le véhicule autonome a devancé l’arrivée des ambulanciers à l’hôpital. Cette prouesse des algorithmes et des capteurs pose une question essentielle : les machines sont-elles prêtes à gérer l’imprévu humain mieux que nous-mêmes ?
Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’une femme accouche dans un véhicule de transport. De Londres à Los Angeles, les VTC classiques et taxis accueillent régulièrement des naissances inattendues à leur bord. Certains bébés en sont même baptisés, comme ce petit « Uber » né en Inde, ou encore ce couple californien ayant vécu un épisode similaire lors du Shabbat. Aujourd’hui, la Silicon Valley apporte sa propre touche à ce vieux récit : l’automatisation.
L’automatisation promet tout, mais n’efface-t-elle pas l’imprévu humain qui fait la force de la vie ?
Le cas du robotaxi Waymo n’est pas isolé. L’entreprise l’admet : un bébé à Phoenix, en Arizona, serait le tout premier « Waymo Baby ». Et, bien sûr, la marque soigne sa communication en plaisantant sur ces nouveaux « clients » pressés. Mais derrière l’anecdote, on sent poindre un glissement : sommes-nous prêts à déléguer totalement la gestion de nos moments les plus vulnérables à des machines, même si elles dégagent une impression d’infaillibilité grâce à leur technologie de pointe ?
En retirant le véhicule immédiatement pour nettoyage, Waymo a prouvé son engagement pour l’hygiène et la sécurité, mais aussi révélé un aspect inattendu de sa mission. Combien d’autres situations imprévues devront-elles encore survenir avant que le débat sur la place de l’humain dans la mobilité autonome ne s’intensifie vraiment ? Qui porte la responsabilité en cas d’accident ? Et quelle place pour l’émotion, l’assistance ou l’urgence sentimentale, face à la froideur d’un algorithme ?
Les robots-taxis sont-ils une révolution sans faille ou la promesse d’un futur trop lisse, sans imprévu ? Les histoires qui ponctuent déjà l’histoire des transports montrent que la frontière entre contrôle technologique et imprévu humain est aussi floue que surprenante. Peut-on sérieusement penser que la technologie remplacera totalement la présence humaine face à la vie… et la mort ?
À mesure que les robotaxis gagnent du terrain dans nos villes, quelle nouvelle responsabilité la société est-elle prête à leur attribuer, et à quel prix pour notre humanité ?
Source : Techcrunch




