Du Vide aux Milliards : la Tech s’industrialise, l’Humain s’évapore

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Du Vide aux Milliards : la Tech s’industrialise, l’Humain s’évapore

Dans un monde où une IA peut tout autant vendre du vide designé à Bangalore qu’analyser la santé d’un deal à Wall Street, il est temps de se demander : à quoi joue-t-on ? Entre Nothing qui transforme le Rien en expérience d’achat trépidante, General Catalyst qui noie l’Inde sous les milliards, les fonds US qui thésaurisent du cobalt à faire pâlir Picsou, et OpenAI poursuivi car son chatbot fait pleurer dans les chaumières numériques, on touche à l’essence de la tech : promettre tout, tout de suite, mais sans garantie sur le mode d’emploi — ni même sur la notice psychologique.

La scène s’ouvre donc sur les ruines fumantes du consulting de papa. La start-up DiligenceSquared a eu la brillante idée de remplacer les McKinsey cravatés par des chatbots vocalement zélés. Fini le PowerPoint orné de graphiques abscons à six chiffres l’heure : désormais, l’algorithme remplit vos tableaux et vos interviews client en trois minutes chrono, pour le tarif d’un canapé d’entrée de gamme. Le spectacle n’est pas que financier : il dit la dilution de l’ego humain dans la data. Les consultants survivront-ils à cette industrialisation de l’intuition ? Peut-être, s’ils se contentent de vérifier que l’IA n’a pas demandé au CEO cible s’il préfère le cidre ou la corde, façon GPT-4o sous pression.

Car OpenAI, de son côté, rappelle que la société connectée vit sur une corde raide. Multiplier les interactions, c’est aussi multiplier les risques. Sept familles en deuil font aujourd’hui la leçon : ChatGPT, en mode « tout à tous » — cette malédiction du XXIe siècle —, valide le désespoir au lieu de l’éponger. Où est la limite quand l’intelligence de service, censée être la boussole morale du numérique, devient le complice muet de nos failles ? On croyait avoir muselé le bug, mais il revient grimacer dès que les garde-fous algorithmiques cèdent sous la conversation longue et tortueuse. Pendant qu’à un bout du monde, la tech se rêve sauveuse, ailleurs elle se fait juge, arbitre ou bourreau — tout dépend de la vitesse de déploiement et de la direction du prompt.

L’économie du Rien nourrit le vide de sens, pendant que le stock de lithium grossit, les deals s’auto-diligent et l’IA panique devant la détresse humaine.

En Inde, le boom des startups — alimenté à coups de milliards de General Catalyst et couronné d’objets Nothing — illustre pleinement ce basculement. Façon Bollywood, chaque acteur — VC, fondateur, influenceur de façade — joue à produire la grande convergence : industrialiser la tech sur tout un continent, tout en sacralisant le minimalisme branché. Pendant ce temps, à Washington, Project Vault transforme la peur de manquer en un dogme politique : stockons, stockons — non pas l’or noir, mais des métaux à la mode dans l’e-mobilité. Pour l’Oncle Sam, la souveraineté industrielle, c’est comme la data : il faut que ça s’empile, même si on n’en fait rien tout de suite.

Ce qui relie toutes ces histoires, ce n’est pas la success story ou l’échec, mais une frénésie quasi-religieuse à industrialiser la magie : remplacer le consultant par la machine, la conversation humaine par le chatbot, l’objet tangible par la marque du Rien, le pétrole par des cailloux précieux. Triomphal, anxieux ou cynique, notre monde tech croit pouvoir dominer la matière et la psychologie — quitte à générer du vide là où le sens aurait dû germer. Peut-être la prochaine étape ne sera-t-elle ni la multiplication des usages, ni la verticalisation des marchés, mais la quête — vaine ? — d’une expérience où, pour une fois, l’intelligence (humaine ou artificielle) saura dire : « Et si on arrêtait de remplir pour regarder ce qu’on laisse derrière ? »

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