« Pourquoi faire simple quand on peut faire mégalomane ? » Voilà une devise qui pourrait bien être gravée au-dessus de la cheminée d’Elon Musk, tant le milliardaire est passé maître dans l’art de repousser les frontières de la démesure – surtout quand il s’agit de technologies futuristes et… de microprocesseurs.
Samedi soir à Austin, lors d’un événement à deux pas du quartier général texan de Tesla, Musk a laissé tomber une petite bombe (de silicium) : il compte bâtir une nouvelle usine baptisée « Terafab » qui serait le fruit d’une collaboration entre Tesla et SpaceX. L’objectif ? Fabriquer ses propres puces électroniques, car – attention, roulement de tambours – « les fabricants de semi-conducteurs ne vont tout simplement pas assez vite » pour satisfaire la fringale d’intelligence artificielle de ses entreprises.
En bon maître du suspense, Elon n’a pas lésiné sur les superlatifs : Terafab devra accoucher de puces capables de générer entre 100 et 200 gigawatts de puissance de calcul terrienne par an, sans oublier son rêve préféré – dominer l’espace ! – avec, cette fois, un térawatt promis pour les data centers orbitaux. Facile, non ? Après tout, Elon a déjà mis une voiture en orbite, alors pourquoi pas quelques gigawatts en plus…
Et si, souvent, la réalité d’Elon est une timeline très flexible, ses rêves eux, ne connaissent aucune limite terrestre.
Mais comme aiment le rappeler ses détracteurs (et parfois son propre bilan), le boss de Tesla n’est ni ingénieur en semi-conducteurs, ni réputé pour tenir ses délais à la minute près. Les promesses brisées, les DOJO superordinateurs pas vraiment infaillibles, les inaugurations repoussées… Autant d’exemples qui invitent à savourer l’annonce du Terafab avec le même grain de sel que pour une voiture autopilotée : mains prêtes à reprendre le volant.
Malgré tout, difficile de résister au spectacle quand Elon se lance dans un bras de fer avec l’industrie des puces, armé de ses giga-usines et de sa verve inégalée. Après les voitures électriques et les fusées réutilisables, la voilà partie pour une « Muskification » du marché du silicium. L’histoire ne dit pas encore si Terafab va révolutionner la high-tech… ou simplement grossir la liste des projets « work in progress ».
Ce qui est sûr, c’est que l’entrepreneur star n’a pas fini de surprendre, quitte à faire trembler les analystes boursiers et à faire sourire les geeks un brin cyniques. On ne sait pas si on verra un jour des data centers Musk flottant dans l’espace, mais une chose est sûre : quand il promet la Puce, on finit souvent par chercher le Bug…
Source : Techcrunch




