Jusqu’où Uber compte-t-il étendre son empire numérique ? Après avoir transformé notre rapport au transport et à la livraison de repas, la firme s’immisce-t-elle désormais dans le secteur du voyage ? Cette semaine, Uber a dévoilé une série de nouveautés lors de son événement Go-Get à New York, marquant sa volonté de s’introduire toujours plus loin dans la vie de ses utilisateurs. Mais pourquoi ce changement de cap ? S’agit-il d’une réponse à des besoins réels des usagers ou d’une stratégie pour asseoir sa suprématie multifonction ?
La fonctionnalité phare ? Les clients américains peuvent réserver des hôtels du monde entier directement via l’application Uber, grâce à un partenariat stratégique avec Expedia Group. Pour qui suit l’actualité tech, difficile de ne pas remarquer le retour aux sources pour Dara Khosrowshahi, ex-PDG d’Expedia aujourd’hui à la tête d’Uber. Mais est-ce là un move opportun pour le consommateur ou surtout une façon de capitaliser sur des contacts historiques ? Et l’arrivée annoncée prochainement des locations de vacances Vrbo dans l’application, n’est-elle pas un signal clair que l’ambition d’Uber va bien au-delà de ses racines ?
Cette stratégie s’adresse-t-elle à tous ou cible-t-elle surtout les membres Uber One ? En effet, les abonnés bénéficient d’un rabais de 20 % sur plus de 10 000 hôtels et récupèrent 10 % du montant sous forme de crédits Uber. Simple incitation à l’abonnement ou bascule vers une plateforme fermée, réservée aux plus fidèles ? L’ambition affichée est claire : transformer Uber en « application pour tout faire », un hub numérique mêlant mobilité, nourriture et désormais voyage.
Uber cherche à devenir la porte d’entrée unique pour tous les besoins du quotidien et du voyage.
Ce bouleversement, comment a-t-il été rendu possible ? Aux dires du CTO Praveen Neppalli Naga, l’arrivée de l’IA dite « agentique » a totalement changé la donne. Des fonctionnalités qui prenaient un an à développer ne prennent plus que quelques mois, grâce à des outils comme Cursor. Uber crée-t-il ainsi un précédent dans l’intégration ultra-rapide de nouvelles offres grâce à l’IA ? Quels peuvent être les risques d’accélérer autant l’innovation, en termes de sécurité ou de qualité pour l’utilisateur final ?
Si Uber n’en manque pas d’idées, le manque de temps et de ressources freinait jusqu’ici la mise en marché de ces innovations. Mais avec cette vague d’automatisation, la cadence s’accélère : est-ce une aubaine ou un défi pour maintenir un service de qualité sur tous les fronts ?
Mais l’incursion d’Uber dans le secteur du voyage ne se limite pas à la réservation d’hôtels. L’introduction du « travel mode » transforme l’application en guide interactif, proposant des infos touristiques, et même un service « room service » pour commander facilement des objets oubliés ou réserver une table de restaurant. La livraison de snacks ou boissons directement dans les Uber Black est-elle encore un gadget ou prélude à un écosystème totalement intégré, du départ à l’arrivée de votre voyage ?
Reste à savoir jusqu’où les utilisateurs sont prêts à suivre Uber sur ce terrain pluridisciplinaire. Bouleverser le secteur du voyage est une promesse ambitieuse, mais peut-elle réussir là où tant d’autres applications généralistes ont échoué avant elle ? En misant sur l’IA et l’intégration des services, Uber cherche-t-elle à devenir inévitable, ou risque-t-elle de se disperser au risque de perdre son âme initiale ?
Source : Techcrunch




