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Ask-Jeunesse perdue : quand le majordome du web raccroche le veston

« Si vous avez une question, n’interrogez pas l’ardoise magique, demandez à Jeeves ! » Hélas, c’est désormais un conseil à classer dans les archives du web. Après plus de deux décennies à dépanner les internautes un brin perdus dans la galaxie d’Internet, Ask.com – autrefois connu sous le nom d’Ask Jeeves – a officiellement rangé ses gants blancs de majordome et tiré sa révérence numérique. Oui, même le domestique le plus fidèle a droit à une retraite.

Petit retour en arrière façon machine à remonter le temps : 1996, la grande époque du modem qui chante. Ask Jeeves débarque avec son concept révolutionnaire pour l’époque : répondre à des questions posées en langage naturel. C’était l’assistant virtuel avant que toute la Silicon Valley ne rêve de Siri ou ChatGPT. Mais dans la cour de récréation du search, difficile de rivaliser avec le géant Google, qui, il faut bien le dire, a vite pris tous les bonbons (et les parts de marché).

Racheté par le grand conglomérat IAC en 2005, Ask Jeeves perd vite son célèbre majordome (désolé Jeeves, la mode était à la sobriété… ou à la recherche de nouveaux business modèles !). En 2010, changement de cap : bye bye la recherche universelle, retour aux fondamentaux du questions-réponses pour tenter d’exister face à la déferlante Google. Un pari courageux mais, disons-le, un peu désespéré : même le président d’IAC admettait que Ask.com n’avait plus beaucoup de poids dans le portefeuille du groupe… ni dans les moteurs de recherche concurrents.

Même les majordomes les mieux habillés peuvent finir au vestiaire numérique.

Au 1er mai 2026, c’est donc la fermeture définitive : un sobre message sur le site annonce la fin de la recherche version Ask. Et pendant que certains pleurent l’époque bénie des questions polies et des réponses élégantes (« Excusez-moi Jeeves, trouve-moi un bon restaurant à Londres »), IAC promet que « l’esprit de Jeeves perdure ». Faut-il y croire ? Difficile à dire, mais on imagine volontiers le chic majordome numérique réincarné en fantôme bienveillant dans la machine à café du siège d’IAC.

En y repensant, Ask Jeeves, c’était un peu le pionnier du Q&A avant le raz-de-marée de l’IA générative. La preuve que, même si l’histoire du web est une succession de gagnants et de losers, il faut parfois un perdant stylé pour inspirer les prochaines générations de chatbots. Google et ses descendants n’auraient sans doute pas le même panache sans ce majordome so British qui répond toujours avec classe.

Alors, la prochaine fois que vous saluez Alexa ou que vous chattez avec un bot, ayez une petite pensée pour Jeeves et ses années de bons et loyaux services… avant que l’histoire ne devienne définitivement une question sans réponse !

Finalement, Ask.com nous montre que même dans le monde des moteurs, ce n’est pas toujours celui qui a la meilleure question qui trouve la bonne réponse… mais au moins, il aura essayé de la poser avec élégance. Allez, il n’y a plus qu’à demander à Google pourquoi Jeeves portait toujours un nœud papillon.

Source : Techcrunch

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