Robotaxis, remix et IA hors piste : bienvenue dans la tech sans permis… mais pleine de passagers !

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Robotaxis, remix et IA hors piste : bienvenue dans la tech sans permis… mais pleine de passagers !

Chez Zoox et Uber, l’autonomie est à l’honneur : vouloir embarquer le citoyen dans une navette sans volant, c’est bien plus qu’un fantasme d’ingénieur ou l’aboutissement d’un partenariat entre Amazon, l’enfant terrible de la livraison, et l’ex-roi du VTC. En vérité, tous veulent dompter la cabine, ce salon roulant où, une fois la peur de confier sa vie à 40 lidars domptée, il ne resterait théoriquement plus qu’à cliquer play sur Deezer ou s’endormir en traversant Vegas. Mais si l’on bricole des taxis-cubes pour transformer la ville, n’est-ce pas tout notre rapport à l’autorité, à l’intimité et au contrôle qui vacille, du code de la route au code source ?

En parlant de code et surtout d’alignement, la semaine tech nous a régalés côté IA. Tandis que Mythos reprend le large après une embuscade réglementaire, chez OpenAI, on recycle l’alignement par à-coups façon chef futuriste désaligné. Alignement de la société… ou alibi de gouvernance pour barbouiller chaque restructuration d’une couche de mission, la rhétorique est la même : on vous promet la main sur le volant, puis, subrepticement, l’IA décide où vous allez dormir. Finalement, dans ce grand taxi collectif numérique, qui dirige vraiment : le passager, le codeur ou la main invisible de la régulation en mode « NHTSA du cloud » ?

Remixer l’expérience, c’est aussi ce que propose Deezer, avec son Remix Lab, fière d’être le dernier village gaulois à défendre le droit d’auteur-ensemble, là où ses concurrents préfèrent l’IA vorace qui avale tout et recrache du bruit algorithmique. Ironique tout de même : alors que les taxis se débarrassent des chauffeurs, la musique rêve de remettre l’humain au volant. Pendant ce temps, la startup Cursor, star de la levée de fonds qui n’a pas encore compilé ses résultats, s’évertue à accaparer chaque ligne de code comme des investisseurs accaparent des parts du rêve technologique, oubliant que plus ils lèvent, moins on sait quel humain sera encore invité à la fête.

Quand l’humain croit gouverner la machine, c’est la machine qui finit par redéfinir ce qu’être humain veut dire.

D’ailleurs, la guerre de la propriété intellectuelle semble désormais se jouer à ciel ouvert : sur la toile, mémés et plagiats flambent sous le feu des IA copi-colleuses, jusqu’à ce que l’artiste tripleur de meme se retrouve à devoir courir plus vite que la justice ou que l’innovation. Et pendant que NSO relance la danse des spyware, foulant de nouveaux seuils d’effraction numérique, on se prend à rêver — ou craindre — de taxis où, entre deux refrains remixés, une intelligence embarquée analyserait nos moindres faits, gestes et silences, validée par des équipes d’alignement désormais toutes « futuristes » chez OpenAI.

Finalement, qu’on caresse le cuir dodu d’un robotaxi, qu’on se débatte pour défendre le mème volé ou qu’on croie encore pouvoir orienter le code, la technologie ne cesse de jouer à la chaise musicale entre contrôle et passivité, création et copie, gouvernance et désobéissance. L’innovation n’attend plus la permission, le remix est roi, et l’intelligence dite « artificielle » redéfinit toujours la légitimité des règles, des usages… et des humains. Alors, à quoi ressemblera la ville de demain ? Probablement à un salon roulant, où chacun tentera, entre deux playlists, de garder la main sur la prochaine destination.

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