« L’intelligence artificielle, c’est comme la mayonnaise : quand ça prend, tout le monde en veut, mais personne ne veut vraiment savoir comment c’est fait. » C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui dans les coulisses high-tech du Pentagone, où les géants de la tech défilent pour signer des accords façon tapis rouge de l’IA. Après Google, SpaceX et OpenAI, voilà maintenant Nvidia, Microsoft, Amazon Web Services et Reflection AI invités à la grande valse… militaire.
Le Département de la Défense américain (DoD pour les intimes) a donc décidé de muscler son jeu en IA. Leur but affiché ? Transformer l’armée américaine en « force de combat IA-first » (la guerre, mais smart). Exit les vieux stratagèmes, ici on parle de déployer modèles et outils IA directement dans les réseaux classifiés top-secrets niveau IL6 et IL7, histoire d’aider les « warfighters » à faire leurs choix vite… et bien. Et non, IL7 n’est pas le nom du dernier iPhone, mais un niveau de sécurité qui ferait pâlir d’envie n’importe quel hacker du dimanche.
Mais attention, tout n’est pas si rose dans le monde merveilleux de l’intelligence artificielle militaire. Depuis la querelle très publique (et très juridique) qui oppose Anthropic au Pentagone, le DoD semble avoir compris qu’être trop accro à une seule marque, c’est risquer l’indigestion (ou le procès). Anthropic, champion de l’IA « avec gilet pare-balles éthique », a claqué la porte quand on lui a demandé d’oublier ses garde-fous, préférant ne pas voir ses algos transformés en Terminator domestique ou Big Brother made in USA. Pour éviter le cauchemar du « vendor lock-in » (oui, c’est comme être coincé à vie avec son FAI préféré…), le DoD diversifie à tout-va.
Dans la Silicon Valley comme au Pentagone, il faut savoir diversifier pour ne pas finir verrouillé dans la même boîte… de Pandore.
Niveau usage, pas de quoi faire trembler Skynet (pour l’instant) : le Pentagone précise que son portail GenAI.mil, déjà fréquenté par plus d’1,3 million de militaires en goguette, est surtout là pour des tâches terre-à-terre : recherche, rédaction, analyse de données… Bref, on ne remplace pas les soldats par des robots (encore), on leur file juste un coup de main pour remplir leurs dossiers.
Derrière cette frénésie d’accords et de nouveaux outils survitaminés, il y a bien sûr la volonté de rester leader technologique sur tous les fronts. Mais l’histoire retiendra peut-être surtout cette course à l’IA comme une gigantesque partie d’échecs où chaque pion (fût-il un Giga modèle de langage) est soigneusement pesé, mesuré, et… surveillé de près. Parce que même chez les GAFAM, l’ami qui surveille l’ami, ça ne fait jamais de mal.
Reste à voir si à trop vouloir déployer l’IA de tous les côtés, le Pentagone ne va pas finir par inventer l’usine à gaz la plus sécurisée du monde… mais qui enverra quand même des messages d’erreur. Comme on dit chez les informaticiens : il ne faut jamais mettre tous ses bugs dans le même panier !
Source : Techcrunch




