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Credits image : Google DeepMind / Unsplash

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Colossal : Mammouth business ou mammouth blague ?

« On ne ressuscite pas Rome en un jour… mais avec un peu de gènes, qui sait ? » Voilà la devise non-officielle (et inventée) de Colossal Biosciences, la startup qui ne recule devant aucun fossile pour rendre la planète un peu plus Jurassic Park. Oui, oui, ceux qui veulent voir un mammouth laineux gambader ailleurs que sur leur tapis sont désormais plus proches de leur rêve… et les investisseurs aussi, vu l’odeur alléchante des dollars (ou devrais-je dire, de la « mammouth-monnaie »).

Il y a 16 mois, Colossal fanfaronnait déjà avec un projet de « resurrectage » façon blockbuster, en annonçant vouloir ramener les loups terribles grâce à de l’ADN déterré d’os antiques. Aujourd’hui, la société vise la stratosphère avec une valorisation entre 20 et 30 milliards de dollars (oui, avec un B comme BIOSCIENCE), alors même qu’on ignore quel fonds ose lâcher autant de billets pour un projet tout droit sorti d’un épisode de Black Mirror… ou des visiteurs du futur.

Mais ne croyez pas Colossal perdu dans les vapeurs d’ambre et de T.Rex virtuels : cette boîte a déjà généré du chiffre d’affaires, selon une indiscrétion bien huilée. Le secret de la recette ? Trois sources de revenus toutes aussi inattendues les unes que les autres, avec en tête un partenariat à 60 millions de dollars avec les Émirats arabes unis (quand le pétrole ne suffit plus, on tente la résurrection !), et des deals avec le gouvernement américain pour ses technologies de conservation.

Colossal ne redonne pas seulement vie aux espèces disparues, mais aussi à l’imagination (et au portefeuille) des investisseurs.

En plus de ressusciter des bestioles improbables, Colossal fait aussi des petits : trois spin-offs au compteur, dont Breaking (pour s’attaquer au plastique, pas au hasard) et Astromech, la startup qui rêve en milliards en prédisant la vie grâce à l’IA. Un peu comme si Elon Musk et le Dr Frankenstein avaient géré un club d’entrepreneurs ensemble.

Mais le vrai laboratoire de folie se trouve dans leur QG texan de 5000 m², où les équipes ajoutent régulièrement de nouveaux animaux à leur collection, comme l’antilope bluebuck, et développent même des outils pour sauver les diables de Tasmanie de maladies dignes d’un film d’horreur. Entre deux clonages, la Colossal Foundation joue les super-héros du génome avec des universités aux quatre coins du globe. Qui a dit que les startups étaient toutes obnubilées par les applications mobiles et les NFT ?

La machine à idées (et à dollars) tourne à plein régime : bientôt, une technologie d’utérus artificiel prêt à révolutionner la fertilité humaine sera en vente libre chez Colossal. Promis, Ben Lamm, le patron, jure que ça arrive l’an prochain, pile à temps pour un baby-boom du Pleistocène 2.0 ! Mieux : si le mammouth et le dodo arpentent à nouveau la toundra, la société pourrait créer des crédits de biodiversité – le nouveau bitcoin pour écolos prospecteurs.

Avec cette levée de fonds ambiance « money-mammouth », certains signalent une ère dorée pour les deep tech, avec Colossal en chef d’orchestre d’une symphonie nerd où la longévité côtoie l’énergie alternative. Mais une question subsiste : est-ce qu’on investit dans la science… ou dans la science-fiction ? Mystère et boule de gènes… Colossal, fidèle à son nom, reste silencieux comme un mammouth dans un magasin de porcelaine.

En somme, chez Colossal, la seule chose qu’on ne ressuscite pas, c’est la modestie. Mais qui sait, peut-être qu’un jour, ils ramèneront l’humilité d’entrepreneurs disparus… à prix colossal, évidemment !

Source : Techcrunch

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