« Un oiseau dans la main vaut mieux que deux sous une éolienne. » Comme quoi, même nos amies les bêtes volantes préfèrent rester incognito… Mais grâce à une startup norvégienne, le grand jeu du chat et de l’oiseau entre les turbines et les volatiles pourrait bien se finir sur une belle note d’harmonie !
Spoor, c’est un peu le Sherlock Holmes du ciel : fondée à Oslo en 2021, elle s’est donné la mission de concilier production d’énergie renouvelable et préservation des oiseaux (et non, ils n’ont pas recruté de chauve-souris, Batman était pris). Leur recette ? Un logiciel de vision par ordinateur qui détecte, piste et identifie les oiseaux dans un rayon de 2,5 km à la ronde, muni simplement d’une caméra haute résolution lambda. Voilà qui devrait faire peur aux pigeons espions et rassurer les ornithologues en bottes de pluie.
Ce système d’espionnage aviaire high-tech ne sert pas seulement à épater la galerie. Les exploitants de parcs éoliens peuvent désormais anticiper les migrations et, au besoin, lever le pied sur la turbine – ou carrément tout arrêter – lors des heures de pointe à plumes. Mieux valait peut-être ça plutôt que d’envoyer des promeneurs avec jumelles et chiens truffiers pour compter les oiseaux, une méthode jusque-là étonnamment standard (et peu efficace au passage).
Il ne faut jamais sous-estimer la puissance d’un algorithme qui a du nez… surtout pour repérer des becs !
Depuis ses balbutiements, Spoor a dopé sa technologie : de 1 km de portée, la voilà à 2,5 km, tout en frôlant l’infaillibilité à 96 % pour l’identification des espèces — les ornithologues maison n’ont plus qu’à sortir la confiture pour appâter les mésanges rares. Et les parcs éoliens ne sont plus les seuls à y trouver leur compte : aéroports, fermes aquacoles, voire le géant minier Rio Tinto qui aime compter plus que ses sous, tout ce beau monde veut aussi suivre chauves-souris et cie de près.
Mais attention à ne pas s’égarer dans le ciel des possibles ! Malgré la tentation de traquer tout ce qui vole (drones, ovnis, votre frisbee égaré), Spoor préfère pour l’instant se cantonner aux oiseaux et autres créatures à plumes ou à ailes. On parle bien de cohabitation, pas d’espionnage généralisé – quoique, un drone qui picore du pain, ça mérite le détour.
La boîte vient d’ailleurs de lever 8 millions d’euros histoire d’épingler son titre de leader européen, avec dans sa besace le soutien de poids lourds de l’énergie. Il faut dire que le contexte s’annonce porteur : les réglementations se durcissent (doux euphémisme quand on sait qu’en France une ferme éolienne s’est vu couper le sifflet et imposer des centaines de millions d’euros d’amende pour cause de mésentente avec les volatiles locaux).
L’ambition est claire : faire cohabiter durablement turbines hurlantes et oiseaux chahuteurs, prouvant au passage que nature et industrie ne sont (peut-être) pas si irréconciliables. Spoor veut déjà prendre son envol à l’international et prouver la polyvalence de son IA, en attendant, qui sait, une réconciliation entre marteaux-piqueurs et hérissons…
En résumé, la prochaine fois qu’un merle viendra toquer à votre fenêtre, dites-vous que quelque part, une caméra lui sauve peut-être la mise, avec un petit coup de pouce algorithmique. Après tout, chez Spoor, ce n’est pas seulement une question de battements d’ailes… mais de pixels bien placés. Allez, avouez : on n’a pas fini de s’envoler de surprise !
Source : Techcrunch




