La guerre de l’innovation a-t-elle vraiment commencé sur le terrain des outils de design ? Depuis des années, Figma jouissait d’une place de choix parmi les créatifs, mais était-elle en train de prendre du retard face à Adobe ou Canva ? Avec l’arrivée des nouvelles fonctionnalités d’édition d’images dopées à l’IA, Figma serait-elle enfin prête à rattraper ses concurrents sur le marché ?
En lançant aujourd’hui ses fonctions de suppression et d’isolation d’objets ainsi que d’expansion d’image, Figma s’attaque visiblement à l’un des plus grands travers du processus de création : devoir constamment exporter ses images vers d’autres logiciels pour éditer ou ajuster certains détails. Peut-on désormais tout faire directement sur Figma ? L’outil promet, grâce à ses modèles comme Nano Banana, de proposer une édition granulaire sans avoir à passer par des prompts textuels, un point longtemps critiqué chez certains générateurs d’images IA.
Mais ce qui attire l’attention, c’est la refonte de l’outil de lasso. Ce dernier, bien plus précis, permet de sélectionner, déplacer, ou même supprimer n’importe quel élément d’une image tout en maintenant l’intégrité du fond et des couleurs. Les créateurs peuvent-ils maintenant ajuster l’éclairage, l’ombre, ou le focus sur un simple objet dans une photo sans aucune compétence technique poussée ?
Ces nouveautés viennent-elles mettre fin à l’hégémonie d’Adobe et de Canva sur la retouche d’image intuitive ?
Toujours dans cette logique d’optimisation, Figma introduit un outil d’expansion d’image. Fini le temps perdu à recadrer et repositionner un visuel pour des formats variés : un carré peut devenir une bannière web ou mobile d’un simple clic. Mais cette simplification ne va-t-elle pas inciter à une uniformisation des créations ? Ce flux de travail, centralisé dans une seule barre d’outils repensée, confère-t-il un réel gain de productivité ou s’agit-il surtout d’un argument marketing ?
L’une des actions les plus populaires, la suppression de l’arrière-plan, bénéficie désormais d’un emplacement de choix dans cette nouvelle interface. S’agit-il d’une réponse directe à un besoin avéré chez les utilisateurs ou simplement d’un effet placebo face à une tendance de fond ? Figma assure en tout cas que ces outils sont désormais accessibles sous Figma Design et Draw, et s’engage à les déployer sur l’ensemble de ses plateformes l’année prochaine.
L’arrivée de ces fonctionnalités n’est pas anodine, surtout alors qu’Adobe vient, le jour même, d’annoncer un accès simplifié à ce type d’outils via ChatGPT. Est-ce la pression de la concurrence qui pousse Figma à dévoiler ces nouveautés ? D’ailleurs, la grande question demeure : ces outils ultra-puissants seront-ils aussi accessibles pour les utilisateurs passant par l’intégration de Figma dans l’écosystème OpenAI ?
La bataille entre géants de la création numérique s’intensifie donc, mais, au fond, l’utilisateur final bénéficie-t-il réellement de cette surenchère de fonctionnalités, ou est-il simplement pris au piège d’une guerre de l’attention ?
Source : Techcrunch




