« L’IA n’a pas encore de cœur, mais elle sait écrire des romans qui laissent perplexe ! » Voilà le genre de phrase que l’on pourrait accrocher à la porte d’entrée des bureaux de Hachette Book Group, qui vient de prendre une décision tonitruante : pas de sortie pour “Shy Girl”, leur roman du printemps, soupçonné d’avoir été réalisé plus par un clavier binaire qu’une plume humaine.
Imaginez : vous attendez patiemment la parution US de “Shy Girl”, prêt à faire la queue en librairie, quand soudain, panique à bord ! Hachette dégaine la touche « supprimer » aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni — où, pour les plus rapides, le livre traînait déjà sur les étagères. Si l’intelligence artificielle a peut-être la capacité de générer des histoires, elle semble aussi capable de générer des crises existentielles chez les éditeurs…
Mais avant que Hachette ne crie « IA, non merci ! », la rumeur enflait déjà sur les réseaux sociaux, sur Goodreads et même sur YouTube (oui, il y a des critiques littéraires sur YouTube, qui l’eût cru ?). Le New York Times, toujours à l’affût du scoop, a même interrogé l’éditeur – histoire de mettre un peu plus de sel sur la plaie avant l’annonce officielle.
Parfois, il suffit d’un soupçon de 0 et de 1 pour qu’un roman tout entier disparaisse de la circulation.
De son côté, l’autrice Mia Ballard se défend bec et ongles : elle jure que ce n’est pas elle qui a confondu créativité et ChatGPT. Selon elle, l’IA se serait furtivement glissée dans son livre via un « ami » embauché pour éditer la version originale auto-publiée. Résultat ? Elle se retrouve au cœur d’une tempête numérique, entre réputation détruite et niveau de santé mentale dans le rouge écarlate. Monter au créneau pour défendre son honneur, c’est noble – mais les procès et les explications publiques ne sont pas vraiment le rêve de tout écrivain…
L’histoire ne s’arrête pas là. Des experts, dont le perspicace Lincoln Michel, rappellent une autre réalité : quand un éditeur américain reprend un livre déjà publié ailleurs, il ne va pas jusqu’à fouiller dans chaque paragraphe à la recherche d’une empreinte digitale de robot. Pas étonnant, donc, que la suspicion soit passée sous le radar, avant de revenir hanter tout le monde, telle une correction automatique non désirée !
En somme, ce feuilleton nous rappelle que, derrière chaque livre, il peut y avoir autant d’humain… que de machine. Si “Shy Girl” devait finalement revenir sur les rayons, espérons qu’elle n’aura pas besoin d’un antivirus. Après tout, dans ce monde littéraire en mutation, l’important, c’est peut-être que la page se tourne – manuellement !
Et maintenant, la vraie question : est-ce qu’on peut dire que, pour Hachette, cette histoire a été écrite… en mode « correcteur automatique » ?
Source : Techcrunch




