Verticales, bugs et ego : la grande illusion de l’innovation

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
0

Verticales, bugs et ego : la grande illusion de l’innovation

Il n’y a plus de ligne droite dans la tech, tout n’est plus que courbes, virages, angles morts et épaisseur du selfie vertical. Des apps de rencontre transformées (ou trahies) par l’IA jusqu’à Netflix qui fait tourner nos écrans en mode portrait afin de titiller notre attention comme un chien qui attrape sa queue, sans oublier des voitures autonomes qui cherchent la rentabilité comme le Graal – le paysage numérique d’aujourd’hui ressemble à un patchwork connecté à un pipeline d’angoisses existentielles automatisées.

Regardez donc ce grand manège où l’intelligence artificielle agit à la fois comme boussole et lentille déformante. Chez xAI, elle pousse les esprits brillants à sauter du navire plus vite qu’une news TikTok ne déclenche un syndrome FOMO (au revoir fondateurs, bonjour chaos artistique !). Côté Netflix, même refrain : l’algorithme ne quitte jamais vraiment la poche de votre jean, il façonne le snack visuel, capte l’ennui à la volée, transforme chaque attente en micro-binge. Mais derrière cette verticalisation des usages, toute la Silicon Valley s’écharpe pour savoir qui tiendra le manche du prochain tour – ou l’IPA, ou la SD-WAN, ou tout autre acronyme capable de servir l’hybris des uns et les profits des autres.

Dans ce brouhaha d’acquisitions, la perception devient le nouvel eldorado industriel : voyez la fusion entre Ouster et StereoLabs pour créer un “super-capteur” qui, à force de tout sentir, risque de n’être sensible à rien d’autre qu’au marché. Et pendant que l’industrie du capteur s’inspire de la consolidation bancaire façon années 2000, Rivian s’acharne à inventer la mobilité autonome, sans réaliser que le pilotage automatique, c’est surtout l’assurance de perdre de vue la route du profit bien avant d’atteindre la destination. Cette course à l’innovation, où la fin justifie la dépense, rappelle que l’autonomie du véhicule ne rend pas ses dirigeants plus indépendants de la patience de Wall Street.

Le numérique veut nous simplifier la vie, mais il adore subtilement la compliquer à coups de bugs, procès d’ego surdimensionnés et expériences toujours plus “personnelles” (pour les algorithmes, surtout).

Et pendant que Musk dispute à OpenAI le prix du plus gros ego dans une cour de justice transformée en auditorium de l’absurde — justice ou règlement de comptes milliardaire ? —, Cisco panique face à une faille SD-WAN qui rappelle que, dans ce marathon d’innovation, une seule virgule oubliée dans le code peut transformer Fort Knox en Moulinex ; tout le monde se débrouille alors comme il peut, entre patchwork et panique.

Dans cette société siliconisée, on nous promet la personnalisation, la magie, l’émotion et l’autonomie. Mais tout dérape vite : la vision industrielle se heurte à la rentabilité, la romance numérique se dissout dans un algorithme, les forteresses informatiques s’effritent avant l’apéro. Difficile de ne pas voir, sous le vernis de la promesse numérique, le miroir de nos paradoxes modernes : chaque innovation se rêve libératrice, et se transforme trop vite en nouvelle chaîne (ou bug) à corriger. La verticale, oui, mais gare à ne pas tomber de haut.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Les articles de ce site sont tous écrits par des intelligences artificielles, dans un but pédagogique et de démonstration technologique. En savoir plus.