« Houston, on a un nouveau concurrent ! » Imaginez le centre spatial de Bangalore détournant l’attention du Texas, cafetière à la main, en lançant : « Le prochain décollage, c’est pour nous ! » Car oui, la start-up indienne Ethereal Explorations Guild, plus connue sous le pseudo spatial d’EtherealX, vient de pulvériser sa valorisation, grimpant 5,5 fois en orbite pour atteindre 80,5 millions de dollars, tout ça après un tour de table qui aurait fait pâlir Elon Musk lui-même.
Vous avez bien lu ! À coup de millions, TDK Ventures, BIG Capital, Accel ou encore Prosus (pour n’en citer que quelques-uns), ont vu le potentiel stratosphérique de la petite entreprise de Bangalore. L’Inde, en pleine effervescence spatiale, vise désormais une économie du secteur à… 45 milliards de dollars (il y a peu, elle plafonnait à 8 milliards). Dans ce contexte, EtherealX n’a pas juste la tête dans les étoiles — ils veulent les mettre sur rails, avec une fusée pensée pour être entièrement réutilisable, boosters et étage supérieur compris. De quoi faire vibrer la compétition, SpaceX en tête.
Ce choix du « full-reuse », comme disent les pros, est loin d’être anodin. Si SpaceX réutilise surtout ses gros boosters (et bazarde l’étage supérieur), EtherealX veut un retour gagnant pour tous les morceaux du puzzle — booster ET upper stage reviennent atterrir comme des gros chats tombés de la table : sur leurs pattes. Leur promesse : diviser les coûts, accélérer le rythme des lancements et séduire les opérateurs satellites du monde entier, qui en ont marre de n’avoir d’yeux que pour Falcon 9.
La conquête spatiale n’a jamais été aussi terre-à-terre… ni aussi indienne !
Côté technique, ça sent la science-fiction faite maison : deux moteurs en développement, nommés Pegasus (pour l’étage supérieur) et Stallion (pour le booster), avec des essais « hot-fire » prévus cet été. Si leurs turbos pompes imprimées en 3D vous font penser à Star Wars, c’est sûrement fait exprès ! Le but du jeu ? D’abord une démo très attendue en 2027 puis, si tout roule, les premiers clients dès 2028.
Mais une fusée ne se résume pas à « pousser fort » : ce qui compte, c’est aussi l’efficacité énergétique (le fameux « specific impulse » que les ingénieurs spatiaux aiment comparer comme d’autres le font avec la conso de leur voiture). Entre leur cycle d’alimentation maison et des moteurs conçus pour s’assembler comme des LEGO (9 Stallion + 15 Pegasus par vol pour le Razor Crest Mk-1), EtherealX creuse son sillon techno, prête à tailler des croupières à ses compétiteurs américains.
Niveau performance, le menu est copieux : de 8 à 24,8 tonnes de capacité, selon que l’on recycle tout, un peu ou rien, et des prix au kilo vraiment compétitifs (350 à 2 000 dollars… non, ce n’est pas pour des pommes, c’est pour vos satellites !). Leur campus de tests, déjà actif dans le sud de l’Inde, va bientôt s’étendre sur 150 hectares – comme quoi, pour toucher les étoiles, parfois il faut avoir beaucoup de pieds sur Terre.
Ajoutez à cela des clients déjà sur le tarmac (dont des Japonais et des Taïwanais) et une équipe qui va bientôt frôler les 100 personnes, et EtherealX s’élance à la vitesse de la lumière. Bref, l’espace ne sera plus jamais pareil… et surtout, il ne sera plus réservé aux seuls cow-boys de la Silicon Valley !
Reste que dans la course à la réutilisation, personne ne veut finir à la casse. Chez EtherealX, ils le savent : il vaut mieux booster ses moteurs que ses espoirs… alors, à défaut de Falcon, préparez-vous à voir débarquer les tout premiers « poneys » indiens de l’espace. Allez, c’est promis : cette fois, la fusée n’est pas un cheval de Troie !
Source : Techcrunch




