Rien ne se perd, tout s’optimise : voyage d’un byte et d’un dollar dans le grand bouillon technologique

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Rien ne se perd, tout s’optimise : voyage d’un byte et d’un dollar dans le grand bouillon technologique

Les prophètes de la tech avaient prédit la fusion inéluctable entre monde réel et univers algorithmique, mais ils avaient omis de mentionner que nous allions finir dans un gigantesque laboratoire, où capital, données et batteries usagées s’entremêlent plus sûrement que dans le dernier roman de science-fiction. À l’image d’Anthropic qui se rêve désormais en alchimiste des biotech, ou de General Catalyst misant 5 milliards sur une Inde promue “frontier model” mondial, une question taraude l’industrie : la prochaine révolution ne viendrait-elle pas de la porosité absolue entre techno-castes ?

Car pendant que Sequen promet à tous les vendeurs de canapés le “super-pouvoir” (lire ici) d’un algorithme capable de vous glisser la lampe dont vous rêviez dans votre panier sans même que vous l’ayez formulé, les datas qui circulent – sans toujours notre consentement, merci Odido – alimentent cette grande marmite de l’innovation. Ironique : on s’inquiète des faille béantes des télécoms alors même que l’écosystème numérique a plus d’appétit pour nos IBAN que notre banquier. La boucle semble bouclée : la donnée fuit à l’ouest, les investisseurs affluent à l’est, l’innovation pivote autour du globe pour mieux s’alimenter de ses propres contradictions.

En toile de fond, la bataille du nickel (par ici) symbolise la dépendance paradoxale de l’Occident face aux titans asiatiques. On rêve d’indépendance en raffinant des déchets industriels dans l’Ohio, tout en acceptant que 75 % du raffinage mondial se décide toujours en Asie. Les champions émergents oscillent entre innovation agile et désespoir industriel, chaque module américain ou européen de recyclage vanté comme la dernière invention du siècle ; reste à savoir si la géopolitique minière ne restera pas, elle aussi, un jeu à somme (nettement) inégale.

La convergence technologique promet l’émerveillement, mais impose en retour un vertige d’incertitudes et de redistribution des pouvoirs.

Dans cette valse des promesses, Neo Residency (par là) incarne le nouveau capitalisme “sympa” qui veut des licornes en donnant le sentiment de ne rien prendre — du moins, pour l’instant. Il ne s’agit plus seulement d’accélérer l’innovation : il s’agit de la capturer, de la coacher, tout en jurant la main sur le cœur que le gâteau sera partagé plus équitablement. Mais alors qui, dans ce festin numérique, ramasse les miettes ? La startup de demain, l’utilisateur d’hier, ou le capitaliste de toujours, qui a juste changé de discours ?

Alors que la data remonte les filières industrielles du nickel, se faufile dans la biotech, irrigue les modèles d’IA et s’anime au gré des ambitions mondialisées, peut-être faut-il reconnaître qu’il n’y a plus d’extérieur à la technologie : nous sommes tous, désormais, ingrédients et cuisiniers dans ce banquet algorithmique. À l’ère où régulation, sécurité et promesse d’inclusion servent d’alibi à la dernière levée de fonds, la seule question honnête reste : sommes-nous invités au festin… ou simplement l’un de ses plats ?

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