Bulles, bijoux et bots : bienvenue dans l’économie de l'automatisation compulsive

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Bulles, bijoux et bots : bienvenue dans l’économie de l’automatisation compulsive

Incroyable époque où l’on recouvre chaque aspect de notre quotidien d’une fine pellicule d’intelligence artificielle, comme on tartine de la confiture sur une biscotte déjà croulante de data. Que l’on parle de Sequoia Capital empilant les milliards sur le tapis “IA”, ou d’OpenAI et Cerebras signant des deals dignes d’un club de foot qatari pour muscler l’algorithme, on est bien au cœur de la fête foraine où tout le monde veut sa part de la barbe à papa algorithmique. Derrière les projecteurs, l’ombre de la conformité rôde : si vous pensiez que l’IA ne pouvait pas tricher, Delve prouve qu’elle le fait avec talent, accouchant de certificats dignes d’un Oscar pour le meilleur décor, mais avec le client dans le rôle du dindon.

L’IA, célébrée pour sa rapidité presque messianique, devient le levain de notre pain quotidien, que ce soit pour dicter nos pensées à la volée (bijoux high-tech autour du cou, applications de dictée IA), ou pour déléguer le scrolling nocturne à un bot (merci Noscroll). Le tout sous l’œil avisé de la génération Cash App, qui apprend à gérer son pécule sur écran avant même d’avoir perdu sa première dent (Cash App). L’économie dématérialisée n’attend pas : formation express dès six ans, allocation boostée par les intérêts et – pourquoi pas demain – trading de monnaie virtuelle en maternelle.

Mais attention, derrière l’illusion de contrôle (“c’est moi qui pilote, promis !”) se cache un labyrinthe d’automatisations opaques et d’externalisations tous azimuts. L’open source, naguère fleuron de la transparence, subit la loi des commandos DDoS à la location (Ubuntu & Canonical pris d’assaut), tandis que chaque service – transport, hébergement, gestion du pouce digital – cherche à son tour son AI washing en mode service globish qui fait tout, tant qu’il ne tombe pas sous la main d’un hacktiviste névrosé.

L’automatisation est notre nouveau miroir aux alouettes : elle promet la liberté, mais installe la dépendance… à condition de garder la main sur l’interrupteur.

Faut-il dès lors s’étonner de voir la confiance minée et la crédibilité hackée à chaque coin de serveur ? Les fonds d’investissement jouent la course à l’IA comme un loto décimal, mais leurs pépites sont parfois des pyrites – l’affaire Delve n’est que l’avant-goût d’un business model où la conformité se dissout aussi vite qu’une Story sur Instagram. Même nos enfants finissent par vivre dans un monde où l’argent, la dictée, le transport – et bientôt la morale – sont des modules à télécharger. Et pour ceux qui veulent décrocher ? Même le soulèvement anti-scroll se monétise, l’ennui et la surcharge cognitive repackagés comme nouveaux marchés premium.

Ainsi file la modernité : chaque innovation ressemble à une émancipation, mais dès qu’on gratte, on découvre une nouvelle servitude volontaire – à condition d’avoir la bonne app, la bonne carte ou le bon micro autour du cou. Ce qui est sûr, c’est que de Sequoia à Cash App en passant par Ubuntu et Taya, l’IA façonne un nouvel Homo Technologicus, toujours plus connecté, contrôlé, corrigé… et surtout captivé par des promesses dont la portée reste, elle, verrouillée derrière le rideau de silicium. Reste à savoir jusqu’où nous confierons nos vies à ces croupiers électroniques, alors même qu’ils raflent la mise – et la main qui la joue.

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