Pourquoi Claude, l’intelligence artificielle d’Anthropic, suscite-t-elle autant d’engouement chez les consommateurs américains ces derniers mois, alors même qu’elle est plongée dans une tourmente juridique contre le ministère de la Défense des États-Unis ? Cette question semble aussi brûlante que l’actualité autour de la montée fulgurante de ses abonnés payants. Qu’est-ce qui se cache derrière ce soudain succès, et comment expliquer que, malgré sa posture de résistance face aux autorités, Anthropic voit sa popularité exploser ?
En analysant des milliards de transactions anonymisées de cartes bancaires, la société Indagari constate que Claude gagne des abonnés à un rythme record, surtout sur sa formule “Pro” à 20 dollars par mois. Mais peut-on vraiment comprendre pleinement l’ampleur du phénomène, sachant que ni les entreprises clientes ni les utilisateurs gratuits de Claude n’entrent dans ces calculs ? Où sont les chiffres officiels d’Anthropic ? Le mystère reste entier, même si la société affirme que ses abonnements payants ont plus que doublé cette année.
Il est indéniable que l’humour incisif des spots publicitaires de Claude pendant le Super Bowl, qui moquaient le choix d’OpenAI d’afficher des publicités à ses utilisateurs, a marqué les esprits. Mais est-ce vraiment cet esprit frondeur qui a mené à un pic d’abonnements en janvier et février ? Ou la polémique explosive avec le DOD, sur le refus d’Anthropic de fournir ses modèles IA pour des applications létales ou de surveillance de masse, a-t-elle accéléré l’attrait pour une IA qui promet des valeurs éthiques ?
Tout cela soulève une question : où s’arrêtera la croissance de Claude, et quelles portes ouvre ce bras de fer avec l’État américain ?
Secouée par les menaces du ministère, qui a brandi la possibilité de placer Anthropic sur une liste noire des fournisseurs à risque, la société a tenu bon, appuyée par le soutien visible d’une partie du public. Les médias en ont fait leurs gros titres, et la croissance d’utilisateurs n’a cessé de grimper. Peut-on y voir le signe qu’un segment de consommateurs recherche des alternatives plus éthiques, même (ou surtout) dans la technologie ?
Au-delà du buzz médiatique, le véritable moteur reste-t-il la sortie de fonctionnalités innovantes, comme “Claude Code” et “Computer Use”, qui permettent à l’IA non seulement d’assister les développeurs, mais aussi de naviguer et d’agir de façon autonome sur un ordinateur ? N’est-ce pas la promesse d’une productivité repensée qui séduit enfin les utilisateurs, bien plus que les scandales et les campagnes marketing ?
Mais quelle que soit l’audace d’Anthropic, Claude reste loin derrière le géant ChatGPT, surtout au regard du nombre total d’abonnés payants. OpenAI subit certes une vague de critiques suite à son rapprochement avec le DOD, et certains désinstallent ChatGPT en réaction, mais la croissance de la base utilisateur d’OpenAI reste implacable. Anthropic peut-elle espérer vraiment inverser la tendance, ou bien cette croissance n’est-elle qu’un effet conjoncturel lié à l’actualité mouvementée de l’IA ?
Au bout du compte, la question est sur toutes les lèvres : la résistance d’Anthropic à la pression gouvernementale et ses choix éthiques suffiront-ils à transformer Claude en un acteur incontournable de l’IA de demain, ou le marché est-il condamné à n’offrir qu’une alternative en marge ?
Source : Techcrunch




