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Credits image : Zoe VandeWater / Unsplash

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Sundar et l’Odyssée du Cloud : Quand les étudiants débuggent Google

« Rien ne fait sortir les étudiants d’un amphithéâtre plus vite qu’un discours qui manque de cloud. » Eh bien, Sundar Pichai, PDG de Google, en a fait l’amère expérience lors de la cérémonie de remise des diplômes 2024 à Stanford. Au lieu des applaudissements espérés, il a récolté une volée de pieds… dans la sortie, orchestrée par plus de 200 étudiants qui ont préféré la porte à la punchline sur l’intelligence artificielle.

À l’origine de cette fuite en masse ? Le fameux Projet Nimbus, un contrat à 1,2 milliard de dollars que Google partage avec Amazon pour fournir cloud et AI à l’armée israélienne (rien à voir avec un nouveau service météo). Ajoutez à cela une collaboration avec l’agence U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE), et vous comprenez pourquoi certains diplômes semblaient difficilement digestes.

Les pancartes parlaient d’elles-mêmes : « ICE SPIES WITH GOOGLE AI » ou encore « GENOCIDE RUNS ON GOOGLE ». (Il n’y avait pas de jeu de mots sur Chrome, dommage !) Entre cris, drapeaux palestiniens et vidéos virales, l’événement a pris rapidement l’allure d’un tuto grandeur nature sur la protestation 2.0.

Quand Google rencontre l’activisme étudiant, ce ne sont pas toujours les algorithmes qui dérapent.

Les étudiants n’étaient pas seuls dans ce brainstorming militant : Justice for Palestine, No Tech for Apartheid et Tech for Liberation étaient à la manœuvre. Et attention, toute ressemblance avec une réunion de start-up n’est pas totalement fortuite… Sauf que ces hackathons d’un autre genre visent à décoder les liens troubles entre grandes entreprises et conflits humains. Le communiqué annonçait la couleur : « Nous refusons de glorifier les entreprises qui alimentent cette violence. » Voilà qui change des pitchs habituels.

Cet épisode s’inscrit dans une série plus large de contestations internes et externes chez Google : en 2024, la société avait déjà licencié 28 employés anti-Nimbus, mais la grogne persiste. L’Electronic Frontier Foundation, jamais avare d’un avertissement, épingle le refus de la firme de voir la réalité en face. Amazon continue tranquillement à jouer le nuage, Microsoft s’est fait tirer l’oreille avant de restreindre ses propres services au gouvernement israélien… Et vous pensiez que la Silicon Valley n’accueillait que des orages de créativité ?

Mais tout le monde n’a pas applaudi cette manifestation. Vinod Khosla, ancien de Sun Microsystems et poids lourd du capital-risque, a dégainé sur X (ex-Twitter), qualifiant les protestataires de « biaisés, idiots et égoïstes ». Selon lui, ces jeunes négligent trois milliards de personnes qui pourraient bénéficier de ces outils, trop occupés à regarder leur propre nombril (version deep learning).

L’incident Pichai n’est qu’un épisode dans la nouvelle série blockbuster : « Commencements et controverses ». De plus en plus, les étudiants ne s’en prennent pas seulement à l’IA en elle-même (déjà accusée de menacer leurs jobs), mais bien aux choix business de ceux qui la développent. Spoiler alert : il faudra peut-être éviter le mot « algorithme » dans les prochains discours… au risque de déclencher un vrai bug d’audience.

En somme, si Google cherchait une audience capturée, il a surtout trouvé un public déconnecté… moralement. Mais après tout, dans la bataille entre technologie et principes, il arrive que la fibre éthique l’emporte sur la fibre optique.

Source : Techcrunch

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