“Quand la vie vous donne des citrons… lancez une joint-venture !” Le monde merveilleux de la tech indienne vient de rajouter une tranche de rebondissement dans son cocktail déjà bien corsé : l’Inde a finalement donné son feu vert à un partenariat de production entre le fabricant chinois Vivo et le champion local, Dixon Technologies. Un duo improbable, digne d’un buddy movie façon Bollywood, qui pourrait bien marquer la suite de l’ascension indienne sur le podium mondial de la smartphone mania, là où Apple joue déjà les superstars.
Mais tout n’a pas été facile sur le dancefloor des affaires internationales. Depuis 2020, l’Inde a instauré un contrôle draconien sur les investissements venus des voisins de palier (coucou la Chine !), histoire de garder un œil sur qui débarque à la fête. Résultat : la collaboration Dixon-Vivo ayant été annoncée en décembre dernier, a pris son mal en patience, coincée dans la file d’attente des approbations officielles. La nouvelle joint-venture, où Dixon tiendra la baguette avec 51 % du gâteau, va donc pouvoir enfin récupérer certains actifs de fabrication de Vivo, fabriquer une partie des smartphones de la marque dans le pays et, qui sait, peut-être assembler des gadgets high-tech pour d’autres copains du secteur.
Au menu : un joli précédent, car ce mariage de raison pourrait bien devenir le guide Michelin pour les autres marques chinoises coincées dans la même galère réglementaire. On l’oublie parfois, mais l’Inde, ces dernières années, est passée du statut de roi de la mousson à star du mobile “Made in India”. Merci qui ? Merci Apple, ses iPhones et ses sous-traitants bien motivés, appâtés par des incitations gouvernementales aussi généreuses que le buffet d’un mariage pandjabi.
Quand la géopolitique bloque les ports, la fabrication locale décolle par la porte de service.
Seulement voilà, s’il est vrai qu’Apple caracole en tête des exportations de smartphones (57 %, rien que ça), les marques chinoises raflent, elles, 72 % des ventes locales… mais ne représentent qu’une petite part du gâteau à l’export. Un paradoxe croustillant : les géants chinois vendent à tour de bras sur le marché indien, mais, faute d’avoir le passeport réglementaire, ils exportent à dos d’âne… ou presque. Raison de plus pour se rabattre sur une recette moitié indienne, moitié chinoise, comme le prouve ce business-acrobatie entre Dixon et Vivo.
Pourquoi maintenant ? Parce qu’après avoir reçu plus de contrôles fiscaux que de mails dans une boîte Outlook, les marques comme Vivo ont compris que laisser les clés du camion à un partenaire indien, c’est un peu comme demander à son ado de ranger sa chambre : c’est plus simple si c’est lui qui s’en occupe. Ce genre d’union “main dans la main” garantit, selon les analystes, une meilleure stabilité et colle pile-poil au rêve du gouvernement indien de voir ses PME locales briller.
Pour Dixon, qui assemble déjà des smartphones pour Xiaomi, ce nouveau contrat s’annonce comme une immense brique de Lego de plus dans sa maquette industrielle. Vivo, de son côté, peut continuer de truster la première place du marché indien (23 % des parts au dernier trimestre, chapeau bas), tout en gardant bonne figure face aux attentes du gouvernement. Quant à Dixon, son grand manitou a déjà calculé que la cadence pourrait grimper à 22 millions de smartphones par an… de quoi faire chauffer les chaînes d’assemblage sans modération.
Finalement, ce qui ressemble à une simple alliance industrielle cache une vraie prouesse diplomatique et économique : faire danser ensemble, sur la piste du “Make in India”, deux partenaires que tout aurait pu opposer. Et qui sait ? Peut-être que ce pas de deux en inspirera d’autres, dans la grande chorégraphie mondiale de la tech.
On pensait qu’assembler des smartphones en Inde était une affaire de composants… mais c’est surtout une question de bonnes connexions !
Source : Techcrunch




