« Dans le monde du high-tech, même ceux qui ont surfé sur la vague de l’innovation peuvent parfois manger du sable. »
Vous pensiez que le monde des start-ups était un interminable happy hour où les fonds d’investissement jouent les généreux pourvoyeurs de capital? Détrompez-vous! Omidyar Network, la créature philanthropico-financière de Pierre Omidyar, fondateur d’eBay, a décidé de jouer les carrosses citrouilles et de faire ses adieux à l’Inde, laissant derrière elle presque 75 pépites start-upesques orphelines.
Les spéculations vont bon train mais tel un code source bien gardé, la raison de cette retraite soudaine reste mystérieuse. L’équipe indienne, aussi étonnée que nous, a dû ranger ses tapis de yoga business lundi dernier, dans une confidentialité digne des plus grands secrets d’État.
Après avoir fait parler la poudre avec l’annonce de cette nouvelle, un porte-parole d’Omidyar a confié, tout penaud, que cette décision était le fruit de « plusieurs mois de délibération ». Il va sans dire qu’ils ont quand même pris le temps de financer cinq nouveaux investissements et de parader en conférence avant de tirer leur révérence.
Omidyar Network, cet investisseur autrefois engagé, a décidé de faire ses adieux à l’Inde et d’arrêter d’investir.
« Nous avons atteint notre objectif de catalyseur d’impact, » déclare la firme avec la fierté d’un étudiant qui rend sa thèse. Fini les investissements, place à la gestion de l’existant, ce qui, entre nous, sonne un peu comme un « C’est pas toi, c’est moi » dans le monde des affaires.
La team India, ne manquant ni d’idées, ni de chutzpah, envisage déjà de rebondir sur un nouveau fonds, mais avec la prudence des navigateurs en eau internationale, rien n’est encore gravé dans le silicium.
Au papier, Omidyar Network voulait servir la soupe à une bonne moitié de la population indienne avec des start-ups aux projets aussi pétillants qu’un soda au curry. On retrouve dans sa brochette d’investissements des noms tels que 1mg, Bounce, ou encore Pratilipi.
Avec près de 673 millions de dollars sous gestion et une audience de 735 millions d’âmes touchées par leurs start-ups chouchoutes, Omidyar était loin d’être un petit joueur. Pourtant, 2023 leur a servi un cocktail moins doux: la vente de Doubtnut pour une bouchée de pain ou l’arrêt de ZestMoney, deux de leurs protégés, auraient de quoi leur donner le tournis.
Alors, l’Inde, terre promise des investisseurs ou mirage financier ? Si Baron Capital compare l’Inde à la nouvelle Chine, d’autres, comme le géant Tiger Global, admettent qu’à ce jour, la soupe à la grimace est souvent de mise lorsqu’il s’agit de rentabilité. Mais bon, comme disent les adeptes du yoga financier, parfois, il faut savoir se plier en quatre pour espérer atteindre la zénitude économique.
En conclusion, même si on peut se sentir un peu Omidyar(levelé), rappelons-nous que dans le grand casino de la Silicon Valve, tous les coups sont permis, même ceux qui vous changent en citrouille après minuit.
Source : Techcrunch




