« Ce n’est pas parce qu’une centrale a eu un coup de chaud qu’elle ne peut pas avoir un retour en grande pompe ! » Voilà bien le genre de phrase qui pourrait résumer l’actualité atomique du jour, où Three Mile Island tente un retour sur scène, version 2028. Oubliez la mauvaise publicité du réacteur numéro 2 (on s’en souvient à cause de ce petit incident en 1979, rien d’anodin !), aujourd’hui, c’est au tour de l’unité 1 d’espérer reprendre du service, prête à sortir de sa pause prolongée depuis 2019. Grâce à un coup de pouce d’un milliard de dollars de l’administration Trump, Constellation Energy vise la relance nucléaire, histoire de rappeler que tout ce qui brille n’est pas obligatoirement solaire !
Mais ce projet, ce n’est pas juste pour montrer qu’on sait ressusciter les vieilleries. Le vrai suspense, c’est que Microsoft a flairé la bonne affaire (ou la bonne énergie), en promettant d’acheter tous les électrons générés par la centrale pendant vingt ans. Oui oui, tout ça pour alimenter des serveurs d’IA et des data centers aussi affamés qu’un ado devant le frigo. Le prix ? Entre 110 et 115 dollars du mégawatt-heure selon les experts, autrement dit bien plus cher qu’un mix vent/soleil mais assez compétitif comparé au coût d’une centrale flambant neuve. On vous l’avait dit : l’avenir, c’est du vintage énergétiquement correct !
La mode nucléaire, elle n’est pas réservée à Bill Gates et son gâteau d’uranium. Meta aussi s’y met, en s’offrant les droits sur l’énergie “propre” d’une usine géante dans l’Illinois. Le buzz est tel que même des start-ups du secteur trouvent soudain plus d’amis que de radiations. En somme, la technologie a redécouvert que le nucléaire, c’est propre, constant, et qu’un bon vieux réacteur – à condition d’être bien réveillé – peut rassurer ceux qui craignent les coupures « nucléaires » de courant au beau milieu d’un prompt ChatGPT.
Rien ne se perd, tout se transforme : même les centrales fatiguées peuvent faire une seconde jeunesse aux serveurs.
Mais attention, tout n’est pas si simple que ça en a l’air. D’abord, il ne s’agit pas de rallumer la pire réputation de l’atome américain (le fameux réacteur 2, toujours en mode « do not disturb » depuis son accident). Ensuite, ce prêt fédéral vient du très célèbre Loan Programs Office (LPO), un département du ministère de l’Énergie plus connu pour ses hauts (Tesla, champion du remboursement) que pour ses bas (coucou Solyndra et son taux de défaut de 3,3%). Difficile de ne pas voir là une sorte de casino géant où parier sur le nucléaire est, cette fois, une affaire qui roule – ou plutôt, qui turbine !
Les lignes politiques, elles aussi, se sont desserrées. Malgré un changement de président (et de couleur politique), le programme d’aide à la “renaissance énergétique” a été finalement conservé et même relooké. Rebaptisé “Energy Dominance Financing”, ce nouveau chapeau couvre brillamment la volonté officielle : remettre sur pied les vieilles usines pour éviter le retour des émissions carbonées. On voit que la realpolitik énergétique, elle, ne connaît pas de coupure de courant ni de frontière partisane : c’est “on” pour tout le monde.
Petite note cocasse : dans la communication de l’administration, la paternité de ce programme est un peu confuse (quand politique et paperasse s’emmêlent… surprise !). Au final, entre « Act » de travail pour les familles et « One Big Beautiful Bill », personne n’est vraiment d’accord, mais les dollars, eux, suivent bien le courant.
Quand on regarde tout ça de haut : le passé nucléaire américain, un big tech amoureux des électrons sans carbone, mille et une subventions qui voltigent à Washington… On se croirait presque dans une fanfare steampunk, où serveurs IA, réacteurs préhistoriques et décisions bureaucratiques tentent, ensemble, d’illuminer notre avenir. Allez, avouez-le, il fallait bien une bonne dose d’énergie… renouvelée pour trouver le jeu de mots de clôture : Microsoft relance Three Mile Island ? Il ne leur reste plus qu’à activer le mode « redémarrage » !
Source : Techcrunch




